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Partie 6 : Comportement et stress

Introduction

Dans notre vie, nous recevons en permanence des informations en provenance de notre environnement. Dans certains cas, ces informations constituent des perturbations plus ou moins importantes qui peuvent occasionner une situation de stress. D’un point de vue biologique, le stress ne correspond ni à l’origine (facteurs stresseurs), ni aux effets (nervosité, peur ..) mais à l’ensemble des réponses biologiques qui vont nous permettre de nous adapter au mieux aux changements rencontrés dans notre environnement. Si dans les conditions normales, ces réponses qui forment le stress aigu, sont une adaptation positive, il peut exister des situations où les phénomènes de stress se répètent ou sont trop intenses. Ce stress, qualifié alors de chronique, peut conduire à diverses pathologies.

I. Le stress aigu : un ensemble de réponses adaptatives face à une situation stressante

En réponse à la perception d’un ensemble de stimuli, ressentis comme une menace ou une situation d’incertitude pour l’individu, différentes informations nerveuses d’origine sensorielle mais aussi corticale (en particulier du cortex préfrontal), activent le système limbique. Ce système est constitué d’un ensemble de structures de l’encéphale (amygdale, hippocampe, hypothalamus) impliquées dans le comportement et en particulier les émotions.

Dans un 1er temps, la stimulation du système limbique permet la libération de différents neurotransmetteurs dont l’adrénaline (+ noradrénaline, sérotonine, dopamine). L’adrénaline est en particulier produite par les glandes médullo-surrénales (situées sur les reins). Ces différents neurotransmetteurs vont provoquer des modifications physiologiques très rapides (en quelques minutes) : augmentation du rythme cardiaque et respiratoire, augmentation de la glycémie par déstockage du glucose. Ces réponses rendent l’organisme prêt à réagir (lutte, fuite …) face aux agents stresseurs. Il s’agit donc d’un ensemble de réponses adaptatives.

Dans un 2d temps, l’hypothalamus (qui appartient au système limbique) sécrète un neurotransmetteur appelé CRH (Corticotropin Celeasing Hormone) qui, par l’intermédiaire de l’hypophyse, une glande endocrine (= sécrétrice d’hormones), entraîne la libération d’une hormone, le cortisol. Celui-ci est libéré par les glandes cortico-surrénales.

L’action du CRH sur la libération du cortisol repose donc sur l’axe hypothalamo-hypophyso-corticosurrénalien, les 3 organes étant connectés entre eux par voie sanguine permettant des interactions hormonales. Le cortisol ainsi libéré contribue également à la libération de glucose et parallèlement à une inhibition temporaire de certaines réactions immunitaires.

Enfin, le cortisol exerce un effet inhibiteur sur la libération de CRH par l’hypothalamus : cette inhibition est appelé rétrocontrôle négatif car il conduit à la limitation de la sécrétion de cortisol. Cette étape permet le rétablissement des conditions initiales (avant l’action des agents stresseurs). C’est la phase de résilience : l’organisme va progressivement retrouver un état « d’équilibre » (rythmes cardiaque et respiratoire normaux, glycémie normale …).

Remarque : cet ensemble d’interactions entre hypothalamus et glande cortico-surrénale par l’intermédiaire du cortisol est un nouvel exemple de boucle de régulation à l’issue de laquelle différents paramètres physiologiques sont régulés et retrouvent leur valeur d’équilibre.

Ces différentes réponses physiologiques et appropriées reposent donc sur la coordination de mécanismes nerveux et hormonaux et constituent le stress aigu, c’est-à-dire « normal ». Elles permettent à chaque individu de s’adapter, selon son patrimoine et son vécu (psychologique, social, émotionnel, génétique) à une situation initiale considérée comme anormale et déstabilisante. Malgré les variations interindividuelles rencontrées face à de mêmes agents stresseurs, les réponses physiologiques adaptatives s’appuient sur les mêmes mécanismes nerveux et hormonaux.

II. L’organisme débordé dans ses capacités d’adaptation

Si les agents stresseurs sont trop intenses ou si leurs effets persistent (alors même que les agents stresseurs ont disparu), les réponses physiologiques ne représentent plus une réponse adaptative efficace. Elles correspondent alors à un stress chronique.

A. Les caractéristiques du stress chronique

Les réponses physiologiques du stress chronique témoignent de dysfonctionnements empêchant l’apparition d’une phase de résilience (en raison du maintien à un niveau élevé des sécrétions de cortisol par disparition du rétrocontrôle négatif). Ces anomalies physiologiques expliqueraient laltération de certaines structures du cerveau, comme le cortex préfrontal et/ou le système limbique. Ce sont ces modifications des structures nerveuses qui entraîneraient différentes pathologies portant sur l’attention, la mémoire et les performances cognitives, associées à la persistance de différents symptômes (douleurs, épuisement, anxiété, troubles du sommeil …).

Ainsi, les réponses du stress chronique induiraient une plasticité cérébrale « négative » puisque à l’origine de différents troubles.

B. Les traitements du stress chronique

Différents traitements visent à corriger ces perturbations en cherchant à rétablir la résilience. C’est le cas par exemple de médicaments comme les benzodiazépines dont l’action permet d’inhiber l’activité de certains neurones impliqués dans le stress chronique (en particulier dans les structures du système limbique comme l’amygdale). Cela se traduit en particulier par une réduction de l’anxiété (effet anxiolytique). Cependant, l’usage de telles substances doit être contrôlé médicalement car les benzodiazépines ont d’autres effets perturbateurs sur le fonctionnement du corps, comme des troubles de l’attention et des effets sédatifs (effet apaisant pouvant conduire à la perte de conscience).

Parallèlement, il existe des pratiques thérapeutiques non médicamenteuses, comme la méditation, l’hypnose ou certaines activités sportives qui permettent de limiter les effets négatifs du stress chronique. Ces pratiques agissent en particulier sur le système limbique et le cortex préfrontal.

Ressource : Méditation et stress

Tout individu fait face quotidiennement à de nombreux agents stresseurs. Des réponses biologiques, nerveuses et hormonales, permettent normalement à l’organisme de s’adapter aux conditions rencontrées et de maintenir ainsi un équilibre biologique compatible avec le bon fonctionnement de l’individu. Ces mécanismes physiologiques dépendent du bon fonctionnement de différentes structures nerveuses, comme le cortex pré-frontal, qui permettent les évaluations et les ajustements des réponses adaptatives. Or, les études actuelles montrent qu’il existe une grande inégalité face aux agents stresseurs qui s’expliquent par différents facteurs, comme les déterminants génétiques, des facteurs sociaux et le vécu de chaque individu. Cette diversité se traduit donc par une sensibilité plus ou moins marquée aux agents stresseurs et des stratégies thérapeutiques variées, adaptées à la situation de chacun.