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Chapitre 7 : Agrosystèmes et développement durable

L’augmentation de la population mondiale (près de 8 milliards d’habitants en 2018) s’accompagne, pour une fraction de la population, d’une augmentation des besoins individuels (ration alimentaire, vêtements, besoins énergétiques, équipements électroniques …). Ce constat impose des défis majeurs à l’humanité, en particulier dans le secteur de l’alimentation. En effet, celle-ci doit aujourd’hui répondre aux besoins croissants de la population, aussi bien au niveau quantitatif que qualitatif, les risques sanitaires étant malheureusement très souvent d’actualité.

Dans une perspective indispensable de développement durable (« développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs »), les agrosystèmes qui produisent les matières végétales et animales que nous consommons, se doivent d’intégrer dans leurs pratiques la préservation de l’environnement et des populations.

I. La structure et le fonctionnement des agrosystèmes

Les différents agrosystèmes terrestres (exploitations agricoles diverses) et aquatiques (fermes aquacoles) ont comme objectif la production de matière organique ou biomasse destinée à la population humaine. La biomasse produite peut satisfaire différents types de besoins. Il peut s’agir d’aliments (fruits, légumes, lait, viande …), de textiles (coton, lin, chanvre), de papier, d’agrocarburants (biodiésel et bioéthanol) ou de plantes médicinales à usage pharmaceutique.

Dans tous les agrosystèmes, une partie de la biomasse produite est donc exportée hors de l’exploitation pour être commercialisée (c’est l’objectif même de l’agrosystème). Cette matière « perdue » doit être compensée par des apports de matières qui constituent les intrants (eau, engrais). L’Homme peut également introduire dans son agrosystème des produits phytosanitaires (pesticides, antibiotiques ..) qui participent à l’amélioration de la production. En plus des intrants, l’Homme contrôle le fonctionnement d’un agrosystème en sélectionnant les espèces cultivées (sélection des races animales et des variétés végétales).

Selon l’importance du contrôle exercé par l’Homme et les objectifs de production de l’agrosystème, il est possible de distinguer plusieurs modèles de culture :

– l’agriculture vivrière assure une production destinée à une consommation familiale et locale, donc non commercialisée. Dans ce type d’agrosystème, le contrôle par l’Homme n’est jamais très poussé.

– l’agriculture extensive assure une production importante, destinée à la commercialisation. Le contrôle exercé par l’Homme et le rendement agricole (quantité de biomasse récoltée par unité de surface) y sont importants.

– l’agriculture intensive conduit à une très importante production de biomasse, également destinée à la commercialisation. De tels agrosystèmes sont très fortement contrôlés par l’Homme et leur rendement y est très élevé.

Ainsi, un agrosystème peut être défini comme un écosystème construit ou modifié et contrôlé par l’Homme pour l’exploitation agricole d’espèces animales et végétales à des fins alimentaires, industrielles ou énergétiques.