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Chapitre 4 : Procréation et sexualité humaine


Les appareils reproducteurs, comme les autres organes, se forment progressivement au cours du développement embryonnaire.

Comment sont contrôlés la mise en place et le fonctionnement des appareils reproducteurs ?

I. Formation et fonctionnement des appareils reproducteurs

A. Mise en place progressive des appareils reproducteurs

L’appareil reproducteur se met en place progressivement au cours du développement, sous la dépendance de facteurs chromosomiques et génétiques. Ainsi, le gène SRY, présent uniquement sur le chromosome sexuel Y, va entraîner la formation de testicules à partir de gonades indifférenciées ce qui va induire la masculinisation de l’appareil génital (avec la formation des voies génitales masculines). En absence de chromosome sexuel Y et donc du gène SRY, les gonades vont se différencier en ovaires ce qui va conduire à une féminisation de l’appareil génital (avec la formation des voies génitales femelles). Des recherches récentes montrent que la féminisation nécessite également l’activité de certains gènes spécifiques.

La spécialisation de l’appareil génital (femelle ou mâle) est donc contrôlée génétiquement et elle est définie dès la fécondation par les chromosomes sexuels de la cellule oeuf.

Les appareils génitaux ne deviennent fonctionnels qu’à la puberté grâce à l’action des hormones sexuelles (hormones : molécules chimiques produites par des cellules spécialisées, circulant dans le sang et capables de modifier l’activité de certaines cellules, appelées cellules cibles) : les oestrogènes chez les filles et la testostérone chez les garçons.

Mise en place progressive des appareils génitaux (Hatier, 2de, 2019)

Ressource : « Le phénotype sexuel et son acquisition » (Réseau Canopé)

B. Sexe biologique et identité sexuelle

Le caryotype d’un individu et en particulier ses chromosomes sexuels contrôlent très généralement le sexe biologique d’un individu, c’est-à-dire son appareil génital, femelle ou mâle. Cette incohérence peut s’expliquer par des anomalies chromosomiques, génétiques ou hormonales. Par ailleurs, chaque individu se définit (de manière définitive ou non) par son identité sexuelle, c’est-à-dire la façon dont il se reconnaît et/ou il est reconnu socialement comme appartenant à un sexe (femelle ou mâle). Pour certains individus, l’identité sexuelle n’est pas en accord avec le sexe biologique (cas des individus « transgenres »). De plus, l’identité sexuelle est soumise à des critères culturels et sociaux qui définissent parfois de manière différente les caractéristiques féminines et masculines. C’est aussi le cas de l’orientation sexuelle des individus (attirance pour des individus de l’un ou/et de l’autre sexe). Ce constat devrait nous inciter à comprendre et respecter l’identité et les orientations sexuelles de chacun.

C. Le fonctionnement des appareils reproducteurs

Le fonctionnement de l’appareil génital féminin est cyclique : à chaque cycle, un follicule unique contenu dans un ovaire arrive à maturité ce qui permet la libération d’un seul ovule. Après l’ovulation, le follicule devient un corps jaune. Au cours du cycle, le follicule puis le corps jaune, produisent des hormones (oestrogène et progestérone) qui vont agir sur l’utérus, organe cible de ces hormones.

Le fonctionnement de l’appareil génital masculin est continu : les testicules produisent en continu des spermatozoïdes. Cette production dépend de l’activité des cellules interstitielles (situées entre les tubes séminifères) qui produisent de la testostérone, hormone qui va stimuler la production continue des spermatozoïdes par les tubes séminifères qui constituent les testicules.

D. Contrôle du fonctionnement des appareils reproducteurs

Le fonctionnement des appareils reproducteurs est marqué par la production de gamètes (= cellules reproductrices) : production cyclique d’ovules par les ovaires et production continue de spermatozoïdes par les testicules.

Ce fonctionnement est dépendant d’hormones sécrétées par le complexe hypothalamo-hypophysaire (HT-HP). Celui-ci est constitué de deux glandes situées dans le cerveau : l’hypothalamus, qui produit une neurohormone la GnRH (neurohormone : hormone particulière produite par des cellules nerveuses). Cette molécule stimule l’hypophyse, qui sécrète alors deux hormones, la FSH et la LH. Ces deux hormones agissent sur les gonades qui sont les organes cibles en provoquant la production des gamètes et d’hormones.

Ressources : Fonctionnement appareil génital féminin (Réseau Canopé)

II. Le contrôle de la procréation humaine

A. L’utilisation des hormones de synthèse pour la contraception et la contragestion

La contraception regroupe l’ensemble des méthodes qui permettent d’éviter une fécondation et donc une grossesse non désirée. Les méthodes de contraception hormonale reposent sur les propriétés des hormones de synthèse (oestrogènes et progestatifs) contenues dans les pilules. Ces hormones de synthèse miment l’action des hormones naturelles : elles freinent la sécrétion de FSH et de LH par le complexe HTHP ce qui empêche en particulier l’ovulation. Ces pilules rendent la glaire cervicale imperméable aux spermatozoïdes et la muqueuse utérine impropre à la nidation d’un éventuel embryon. Ces pilules agissent donc à 3 niveaux rendant une grossesse impossible.

Remarque : la pilule du « lendemain » est une technique contraceptive d’urgence (et exceptionnelle) qui agit uniquement en bloquant ou retardant l’ovulation. Cet effet est lié à la suppression du pic de LH qui induit normalement l’ovulation.

La contragestion correspond aux méthodes qui agissent après la fécondation en empêchant une grossesse de se poursuivre. C’est le cas de la RU 486 ou mifépristone : cette molécule va « leurrer » l’utérus en remplaçant la progestérone, provoquant artificiellement des règles et donc l’élimination de l’embryon.

B. La protection contre les IST

En plus des méthodes de contraception hormonale, les couples disposent de différents moyens permettant d’éviter une grossesse non désirée. C’est en particulier le cas des préservatifs féminins et masculins qui constituent une barrière mécanique évitant la transmission éventuels agents infectieux lors d’un rapport sexuel.

La vaccination permet également de lutter contre certains agents infectieux (papillomavirus) et ses effets.

Les tests de dépistage sont également importants pour connaître sa situation et prendre ainsi toutes les mesures indispensables pour éviter de contaminer ses partenaires et se soigner.

C. L’utilisation des hormones de synthèse dans l’Aide Médicale à la Procréation (AMP)

Différentes méthodes d’AMP utilisent des hormones de synthèse pour aider des personnes souffrant d’infertilité, voire de stérilité. Ces techniques (Insémination Artificielle, FIVETE …) sont adaptées aux situations rencontrées par des individus/couples n’arrivant pas à procréer naturellement.

Fécondation In Vitro Et Transfert d’Embryon


Hormones et reproduction humaine : contrôle hormonal naturel du fonctionnement des appareils reproducteurs et utilisation des hormones de synthèse pour la contraception/contragestion et les méthodes d’AMP

lelivrescolaire, 2de, 2019

III. Plaisir et activité sexuelle

Chez l’homme et la femme, le système nerveux est impliqué dans la sexualité puisque le plaisir ressenti lors d’une activité sexuelle repose sur l’activation de plusieurs régions du cerveau, en particulier certaines zones qui constituent le système (ou circuit) de la récompense. Différentes substances chimiques, comme la dopamine, sont responsables de la communication entre les différentes zones de ce système. Celui-ci n’est pas spécifique aux activités sexuelles puisqu’il est également activé lors de la réalisation d’autres activités générant du plaisir (manger, faire du sport, lire, etc…).

Même s’il est donc associé au système de récompense, le comportement sexuel chez l’Homme repose également sur des facteurs affectifs (séduction) et socio-culturels (place de la sexualité dans la vie d’un couple, reconnaissance de son orientation sexuelle dans son entourage).

Par rapport à de nombreuses autres espèces de mammifères, l’activité sexuelle de l’Homme est donc beaucoup moins dépendante de mécanismes uniquement biologiques comme l’activation des zones cérébrales et des facteurs hormonaux.

Plaisir et sexualité