Le dolmen de Merías

A Miguel Rojo

– Pour aller au dolmen … ?

Assise au bord du chemin,
toute d’ombre et de temps,
une très vielle femme attend comme chaque jour
que la nuit l’invite à rentrer chez elle.
En ce chaud après-midi d’été,
calme et sec, poussière et soif,
mon sang bout lorsque je monte la colline.

– … Oui, mon enfant – me répond-elle tranquillement –.
Tu suis le chemin pierreux
jusqu’à la cabane en ruines …

Alors elle se tait et cherche dans le bleu du ciel
la lumière de sa sagesse
à mettre sur mon dos :

– Mais ce n’est ni un dolmen ni rien ;
juste des pierres les unes sur les autres.

Ainsi va la vie de mon peuple,
l’histoire de cette terre,
cette langue :
à côté d’une maison abandonnée,
les mots comme des pierres
des tas de mots
qui ne sont rien.

Antón García

Ce poème a été publié pour la première fois en 2005 dans la revue Reciella Mallory.  Il fait partie du recueil La Mirada Aliella (2007)