Cutariellu

à Maya

Comme l’air de l’après-midi sur la colline
tu étais pour moi paisible et aimable,
amie, quand tu m’offrais au creux des mains
la lumière, et tes mots résonnaient
secrètement au seuil de la nuit.
Au loin, éparpillées dans une vallée, des maisons
mûrissaient au soleil tiède de l’été.
Ensemble nous avons entendu les jeux inquiets
des enfants, le frissonnement de l’herbe
où une couleuvre qui s’enfuyait
tissait entre nous l’amour de ces vers.
Ces mots secs nous avons passé notre temps
à les labourer avec une voix rauque et gaie.
En ce mois d’août la terre s’embrassait
d’un ardent et silencieux désir.

Antón García

Ce poème a été publié pour la première fois en 2003 dans le livret du spectacle Musique et poésie des  Asturies (concert-récital).    Il était accompagné d’une traduction française de  Paz Rodríguez  Galguera et  Murielle Jamin.   Il a été  intégré par  la  suite dans le recueuil La mirada aliella (2007)