Décombres

Ici s’achève le monde,
dans les vergers abattus,
dans le potager sans clôture.

Cette terre n’est qu’un cri
d’oiseau qui tombe.

Regarde la maison blessée,
le grenier éventré.
ronces et orties tressent
du silence sur ces murs.

Ici la mort est passée
et personne ne viendra
pour relever ces tuiles,
ces planches et ces poutres,
pour rallumer la lampe à huile.

Ferme les yeux.

Mon cœur aussi
est le pays le plus dévasté.

Antón García
Ce poème a été publié pour la première fois en 1994 dans le recueil Venti poemes.

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