Définitions des termes repères

Voici les termes repères, ils sont à apprendre par cœur. Vous pouvez accéder au fichier en cliquant sur l’image.


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A quoi devons-nous la perception de la couleur bleue?

Pour Andy dans le Diable s’habille en Prada, bleu c’est bleu, et pourtant, le bleu se dit royal, cobalt, lapis, céruléen, klein, azur etc. Autant de termes qui désignent tous une nuance différente du bleu… pour les initiés seulement (cliquez sur la photo pour accéder à la séquence du film).

Difficile direz-vous de ne pas dire que la mer est bleue, que le ciel sans nuage de l’été est azur, si évidemment azur. Et pourtant…

Dans Bleu, premier ouvrage consacré à l’histoire des couleurs, leur représentation et l’évolution de leur place dans les usages, l’historien médiéviste Michel Pastoureau évoque une théorie surprenante : il serait bien possible que la mer n’ait pas toujours été bleue. Ce qui semble en être la marque c’est que dans l’Antiquité grecque, des textes comme l’Illiade et l’Odyssée désignent les choses que nous associons traditionnellement à la couleur bleue par des adjectifs de couleur surprenants. Ainsi dans les récits Homériques, la mer est sombre, noire, pourpre, d’une couleur semblable au vin.

Mais pourquoi ? Les grecs pouvaient-ils autrement voir la mer, le ciel ou les bleuets que nous les voyons ? C’est plus compliqué que cela. En atteste cet extrait de Bleu, histoire d’une couleur (ed. Le Seuil, 2000)

« Se fondant sur cette rareté relative des tons bleus et, surtout, sur les données du lexique, plusieurs philologues se sont autrefois demandé sur les Grecs, et à leur suite les Romains étaient aveugles à la couleur bleue. Tant en grec qu’en latin, en effet, il est difficile de nommer cette couleur, faute d’un ou de plus de termes de base, solides et récurrents, comme il en existe pour le blanc, pour le rouge et pour le noir. En grec, ou le lexique des couleurs a mis plusieurs siècles avant de se stabiliser, les deux mots les plus fréquemment employés pour désigner le bleu sont glaucos et kyanos. Ce dernier est probablement à l’origine un terme désignant un minerai ou un métal ; sa racine n’est pas grecque et son sens est longtemps resté imprécis. À l’époque homérique, il qualifie aussi bien le bleu clair des yeux que le noir d’un vêtement de deuil, mais jamais le bleu du ciel ni celui de la mer. Au reste, on a pu observer que chez Homère sur soixante adjectifs qualifiant les éléments et le paysage dans l’Iliade et dans l’Odyssée, trois seulement été des adjectifs de couleurs ; les termes se rapportant à la lumière sont en revanche extrêmement nombreux. À l’époque classique, kyanos désigne une couleur sombre : le bleu foncé, certes, mais aussi le violet, le noir, le brun. En fait, il donne plus le sentiment de la couleur qu’il n’indique sa coloration. Quant à glaukos, qui existe déjà à l’époque archaïque et dont Homère fait un grand usage, il exprime tantôt le vert, tantôt le gris, tantôt le bleu, parfois même le jaune ou le brun. Il traduit davantage une idée de pâleur ou de faible concentration de la couleur qu’une coloration véritablement définie ; c’est pourquoi il s’emploie aussi bien pour nommer la couleur de l’eau que celle des yeux, des feuilles ou du miel.
Inversement, pour qualifier la couleur manifestement bleue de certains objets, végétaux ou minéraux, les auteurs grecs emploient parfois des termes de couleur qui ne s’inscrivent pas dans le lexique des bleus. Pour prendre l’exemple des fleurs, l’iris, la pervenche et le bleuet peuvent être ainsi qualifié de rouge (erythros), vert (prasos), ou noir (melas). Quant à la mer et au ciel, ils peuvent être de n’importe quelle couleur ou nuances, mais s’inscrivent rarement dans la gamme des tons bleus. D’où cette question que l’on s’est posé à la fin du XIXe siècle et au début du XXème siècle : les Grecs voyaient-t-ils le bleu comme nous le voyons aujourd’hui ? À cette question, certains savants ont répondu non, mettant en avant des théories évolutionnistes quant aux capacités de vision des couleurs : les hommes et les femmes appartenant à des sociétés techniques et intellectuellement « évoluées » – ou prétendues telles, comme les sociétés occidentales contemporaines – seraient plus aptes à distinguer est un homme est un grand nombre de couleurs que ceux appartenant aux sociétés « primitives » ou antique. Ces théories, qui ont aussitôt suscité des controverses passionnées et qui ont eu des partisans jusqu’à nos jours, me semble à la fois fausse et indéfendable. Non seulement elle s’appuie sur un concept ethnocentrisme, imprécis et dangereux (à partir de quel critère peut-on dire qu’une société est « évoluer » ou « primitive » ? Et qui en décide ?), Mais elles confondent le phénomène de vision (En grande partie biologique) avec celui de perception (en grande partie culturelle). En outre elles oublient ou ignore l’écart, parfois considérable qui existe, à tout époque, dans toute société, je suis toute individu, entre la couleur « réelle » (si tant est que cet adjectif veuille dire quelque chose), la couleur perçue et la couleur nommée. Sous l’imprécision du bleu dans le lexique des couleurs doit d’abord s’étudier par rapport à ce lexique, à sa formation, à son fonctionnement, ensuite par rapport à l’idéologie des sociétés qui en font usage, mais nullement par rapport à l’appareil neurobiologique des individus composant de ses sociétés. Cet appareil permettant la vision est chez les Grecs de l’Antiquité absolument identique à celui des Européens du XXe siècle. Mais les problèmes de la couleur ne se réduisent nullement à des problèmes biologiques ou neurobiologiques. »

Bleu, histoire d’une couleur (ed. Le Seuil, 2000)

Dans cet extrait de Bleu, Pastoureau réalise une distinction importante : il ne faut pas confondre ce qui est de l’ordre de la perception et ce qui est de l’ordre de la vision. Par ailleurs la perception de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, du rouge au violet n’est pas le privilège d’un cerveau « évolué » (une telle expression est à reléguer dans les caves de l’ethnocentrisme le plus imbécile). En revanche la perception des couleurs est culturelle, sensible à l’éducation. On apprend à percevoir le monde qui nous entoure, à le voir donc d’une certaine manière, à y remarquer certaines choses plutôt que d’autres… il n’y a donc pas de perception naturelle.

L’ouvrage Bleu, passionnant dans toute sa longueur (pour information Pastoureau a écrit d’autres histoires : Noir, Rouge etc.), à selon moi à cet endroit seulement à une petite faiblesse : à la suite du texte précédent Pastoureau note la même singularité dans le latin que dans le grec (le bleu y est peu présent), mais affirme que les Romains n’étaient pas « aveugles au bleu », que si ce terme est absent de leur langage ce n’est que parce qu’ils éprouvaient de « l’indifférence », voire de « l’hostilité » pour cette couleur (parce que c’était la couleur des barbares qui se peignaient le corps en bleu).

Mais quid de la perception du bleu des grecs ?

En ne prenant en compte que le contexte romain, l’auteur de Bleu opère un biais historique important en éludant les 800 ans qui séparent Homère de Pline l’ancien. Or c’est une période trop importante pour établir l’identité de la perception grecque et de la perception romaine.

Pourtant, ce qui est intéressant dans ce passage de Bleu c’est que la vision et la perception sont deux choses différentes : en l’occurrence je peux voir quelque chose, c’est dans ma capacité biologique sans en être toutefois conscient, sans l’apercevoir.

On pourra alors se demander à quoi est-ce dû ? Eh bien tout simplement aux concepts que nous employons pour désigner les choses. Sans ces concepts, point de perception. C’est ainsi que l’on peut expliquer pourquoi certains peuples perçoivent des choses que nous n’identifions pas.

Ce qui le confirme, ce sont ces récentes études sur le sujet, dont une a été menée par le linguiste Jules Davidoff : selon lui toutes les sociétés ne distinguent pas aisément le bleu, et cela est profondément lié à la langue que l’on emploie. Les Himbas par exemple ne le perçoivent pas, mais saisissent en revanche un plus large éventail de nuances vertes.

Pour accéder à une vidéo sur l’étude de la perception du bleu par les Himbas cliquez sur la photo

Alors si votre ami ne sait pas bien faire la différence entre deux nuances de bleu, il ne vous restera plus qu’à lui demander s’il sait la différence entre la couleur lapis et la couleur céruléenne ou entre le jaune citron et le jaune poussin !

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Méthode de l’explication de texte #3 – le développement

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Méthode de l’explication de texte #2 – le brouillon et l’introduction

Lien vers la vidéo :


Méthode de l’explication de texte philosophique – Le brouillon et l’introduction

Voici la deuxième vidéo qui traite de l’importance du brouillon et qui vous donne des conseils pour le réaliser.

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Méthode de l’explication de texte #1 – Généralités

Voici une première vidéo consacrée à la méthode de l’explication de texte. Il ne s’agit que de généralités, mais qui sont utiles pour comprendre comment bien appréhender cet exercice.

Ici vous pourrez comprendre :

  • En quoi consiste une explication de texte
  • Quelle est la structure de cet exercice
  • Comment bien aborder cet exercice

Lien vers la vidéo :


Méthode de l’explication de texte philosophique – généralités

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