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Valenki

 

Valenki, du traditionnel à la modernité ВАЛЕНКИ

 

 

Les valenkis (Валенки) , considérées comme des chaussures typiquement russes, seraient en réalité d’origine mongole. En effet, la Russie ayant été envahie tout au long de son histoire passée par des peuples d’Asie centrale, les mongoles lui ont laissé quelques souvenirs en héritage. Cependant, bien que d’origine mongole, les Russes les ont adaptées. Elles sont fabriquées à partir de laine de mouton compressée, du feutre (войлок) ; d’ailleurs le nom de Valenki veut dire « faites de feutre », mais contrairement à celles amenées par les envahisseurs Mongols, les valenkis russes sont uniques sur un point essentiel : elles n’ont aucune coutures. L’idée paraît incroyable mais cela est vrai.

Leur histoire à plus de 1500 ans et pendant des générations, dans les familles paysannes, les bottes de feutre étaient reçues par voie de succession, les moyens de résister au cruel froid de l’hiver n’étant pas bon marché. Le tsar Pierre le Grand estimait que les valenki avaient des qualités curatives. « Si le matin vous avez la « gueule de bois », mettez vos pieds nus dans les bottes de feutre et avalez une écuelle de soupe au chou aigre », recommandait-il. L’impératrice de Russie, Catherine II, quant à elle, les utilisait pour soigner ses rhumatismes et permettait aux dames de la cour de mettre des bottes de feutre même avec des robes d’apparat. Elles aimaient aussi porter des bottillons souples en feutre.

La laine travaillée de manière très compacte procure une excellente isolation contre le froid; et il est tout a fait possible de marcher avec ces bottes dans la neige fraîchement tombée. Par contre, lorsque le sol devient humide, on se doit d’ajouter une sur chaussure en caoutchouc sur la partie inférieure de la botte (à peu près jusqu’à la cheville) et qui empêche la chaussure d’absorber l’eau.

 

Mode de fabrication manuel traditionnel : http://www.youtube.com/watch?v=_EFl820Dho4

 

Autrefois, la gamme de couleur des bottes de feutre russes était restreinte: gris, noir et blanc. Désormais, les valenkis sont proposées dans plusieurs couleurs et sont brodées avec des motifs très différents, allant des plus enfantins aux concepts modernes élaborés. Les valenkis sont également disponibles avec des imprimés ou de la fourrure. Elles ne font plus que garder au chaud les pieds des citadins russes toujours pressés. Elles sont désormais glamours, de véritables objets d’art populaire, auprès des jeunes et des vieux, des riches et des pauvres. Il existe une grande variété de modèles : basses ou hautes, pour pieds fins ou plus potelés, avec des extrémités étroites ou larges…. Certaines d’entre elles sont recouvertes de fleurs ou des flocons de neige pour attirer le public plus jeune. D’autres sont plus traditionnelles, noires ou blanches. Le choix est en effet énorme.

 

 

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Revenues à la mode, des marques comme « Russy Valenki » les modernisent et font concurrence aux célèbres « Ugg » venues d’Australie. Cette compétition entre les Ugg et les valenkis intéressent beaucoup de Russes. Différents groupes alimentent le débat sur les réseaux sociaux et les blogs pour savoir quelle marque est la plus branchée. Larine, du magasin en ligne Uggi-Valenki, a même ajouté un compteur sur son site pour indiquer le nombre de ventes de chaque marque.

« Les résultats sont très serrés. Les Ugg et les Valenki sont quasiment à égalité », précise Larine.

 

( marque Russy Valenki)

(marque Russy Valenki)

 

 

 

Efimova et sa famille confectionnent des valenki sans semelles dures. Mais même ces fabricants de longue date de la république de Tchouvachie, au centre de la Russie, ont succombé à la nouvelle mode de décorer les valenki avec des broderies et des boutons. Ils vendent également leurs valenki avec des protections en silicone transparentes, bien plus attirantes que leurs prédécesseurs traditionnels noirs.

12_-The-production-of-traditional-Russian-winter-footwear

« Un jour, des couturières ont commencé à acheter des valenki chez nous. Je les ai d’abord regardées faire leur travail, avant de proposer mes propres idées et de broder moi-même. Aujourd’hui, j’emploie plusieurs couturières », explique Efimova. « Les valenkis deviennent également populaires au-delà des frontières de la Russie .  L’année dernière, nous avons été contactés par une entreprise américaine de vente en gros. Elle nous a demandé de fabriquer des valenki pour le marché américain, mais nous n’en n’avions pas les moyens et avons dû refuser », ajoute-t-elle.

 

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Ce succès prend aussi essor grâce aux progrès techniques. Effectivement, auparavant, la production de valenkis se faisait uniquement à la main : en 1920 cela prenait 80 à 90 heures pour créer une paire de valenkis et en 1969, plus de 650. En 2006, grâce à de nouveaux équipements la production augmente et est de 17 milles paires par mois. Aujourd’hui, la production totale annuelle des ces chaussures en Russie avoisine les 4.5 millions de paires. Il existe même des musées (музей) entièrement dédiés aux Valenkis en Russie, qui retracent leur mode de fabrication et leur histoire.

 

 

(traduction : musée de valenkis russes, fondé en Décembre 2001)

Manon

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