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Nicolas II Romanov

 La fin d’une ère: l’assassinat des Romanov

 Cent ans apres les faits, le destin tragique des Romanov continue d’alimenter les débats et les imaginations.  Certains, aujourdhui encore, aiment croire à un denouement plus heureux, nombreux doutent de la mort de la fille cadette des Empereurs, Anastasia. Les Romanov sont  une partie intégrante de l’histoire du vingt-et-une-enième siècle, la fin de leur règne signe la réelle entrée de la puissance russe dans le 21ème siècle. Au-delà des faits historiques, la fin du tsarisme en Russie peut être perçue comme une tragédie en trois actes dont les protagonistes ne sont que les membres de la famille royale.

Acte 1: L’Insurrection des Révolutionnaires.

   La tragédie, qu’elle soit moderne ou ancienne est caractérisée par la fatalité que subissent les personnages. Avant même l’abdication de Nicolas II, la fin du régime tsariste est prédictible. En effet, le fossé entre le train-de-vie de la famille royale et celui du peuple russe est completement se creuse de jours en jours. L’implication de l’armée russe au coté des puissances alliées lors de la première guerre mondiale est fortement critiquée  par le peuple russe. En effet, l’armée est majoritairement composée de paysans. De plus, l’armée impériale dénombre beaucoup de morts au front. A ce contexte difficile il faut aussi ajouter la famine qui gangrène le pays. Ainsi, la guerre et ses dérives ne font qu’exacerber les inégalités entre le peuple et ses dirigeants.

Fatalement, toute la colère accumulée par le peuple russe se mue en une reelle volonté d’abolir la monarchie. En fevrier 1917, les parties révolutionnaires réussissent  à annihiler une dynastie vieille de trois siècles.

Face à la tempête révolutionnaire Nicolas II est contraint d’abdiquer, scellant le sort de sa famille avec lui.

 Acte 2: la vie en captivité.

   Après  son abdication l’ancien Tsar et sa famille demeure cloîtrés dans le plalais royal de Tsarskoïe Selo, la famille est surveillée  par plusieurs gardes, elle ne peut quitter le palais. Durant les cinq mois passés au palais de Tsarskoïe Selo, les enfants du couple déchu contractent la rougeole, ce qui les pousse à se raser leur tête.

Les enfants du Tsar, la tête rasée suite à la maladie.

   La famille est ensuite conduite de force en Sibérie a Tobolsk. Redoutant les rumeurs d’evasion; les dirigeants bolchéviques conduisent une partie de la famille dans une maison à destination speciale dans la ville de Ekaterinbourg dans l’Oural.  Anastasia, Tatiana, Olga et Alexis Romanov logent encore a Tobolsk car Alexis est frappé d’une crise d’hémophilie. Les trois soeurs et le benjamin de la famille rejoignent leurs parents et leur soeur Maria un mois plus tard.
   Dans la maison a destination spéciale, les Romanov sont humiliés et rabaissés par les gardes. C’est dans cet maison que la dynastie Romanov vivra ces derniers instants.

Acte 3: le meurtre.

   Le 17 juillet 1918, les gardes prétendent vouloir une photographie de la famille Romanov pour prouver leur bon état de santé. Les Romanov s’exécutent  et se réunissent pour la photographie, entourés de leur valet de chambre, de leur domestique et de leur cuisinier.
   La famille est donc rassemblée et immobile; en soit chaque membre est une cible idéale pour un tireur, la ruse des gardes est donc un succès, l’attaque est inattendue. Le premier coup de feu retentit et s’en suivent une dizaine d’autres. Les tirs achèvent Nicolas et Alexis, tandis que les vêtements ornés de pierres des filles Romanov empêchent les balles de rencontrer leur cible, elles sont donc tuées à coup de baïonnette. L’assassinat est barbare, injustifié et abject. Les corps sont ensuite aspergés d’acide et enterrés dans une forêt. La famille n’a pas pu échapper à son destin funeste, comme tous héros d’une tragédie.

Manon N, 1èreES2

 Nicolas II : Un tsar pas comme les autres

Nicolas II (Николай Александрович Романов) est né le 18 mai 1868 à Tsarskoïe Selo et mort le 18 juillet 1918 à Ekaterinbourg.

Il était le fils d’Alexandre II, surnommé le tsar libérateur pour avoir aboli, en décembre 1861, le système de servage mis en place par Ivan le Terrible. Son père, l’empereur Alexandre III, avait voulu pour ses enfants une éducation aussi proche que possible de la normale : ils devaient pouvoir se battre s’ils en avaient envie, mais hors de question pour eux de se laisser aller à la paresse !

De caractère calme et réfléchi, Nicolas II devint un jeune homme sensible et brillant, qui maîtrisait plusieurs langues européennes, connaissant parfaitement l’histoire et la géographie, s’intéressait aux arts et aimait la musique. Comme la plupart de ses prédécesseurs, il épousa une princesse allemande, qui devint l’impératrice russe Alexandra Fedorovna. Ensemble, ils eurent 5 enfants : les princesses Maria, Tatiana, Olga, et Anastasia, mais aussi le prince héritier Alexis.

Mais les problèmes de santé du tsarévitch Alexis qui souffrait d’une maladie incurable, l’hémophilie, rongeaient le bonheur familial. Un mystérieux guérisseur, un moine dépravé nommé Grigori Raspoutine, fit alors son entrée à la cour et, après avoir, semble-t-il, soulagé quelque crises de jeune prince, pris un ascendant considérable sur l’impératrice Alexandra, et par suite sur toute la famille impériale, car Nicolas II, malgré les nombreuses critiques, cédait toujours en tout à sa femme qu’il adorait.

Sous Nicolas II, la Russie a connu un certain essor. Entouré de sociologues et d’économistes de renommé mondiale, le tsar mena à terme la politique agraire de son grand père (80% des terres russes appartenaient maintenant aux paysans), l’industrie développait à grand pas (on comptait près de 3 millions d’ouvriers russes en 1917). En 1913, a la veille de la Première Guerre Mondiale, la Russe produisait 40% de toute la production agricole mondiale et occupa la première place pour la récolte de blé et la production du pétrole.

Pourtant les mouvements révolutionnaires prenaient de l’ampleur, comme partout en Europe, et la décision de Nicolas II, en 1905, d’accepter de convoquer à nouveau une Douma, pour la première fois élue,et de partager avec elle le pouvoir ne parvint pas à ramener le calme dans le pays. Outre l’instabilité politique, la guerre contre le Japon (1904-1905) et la Première Guerre Mondiale ( durant laquelle la Russie fut l’allié de la France ) contribuèrent à ébranler l’économie et la société russe. Et Nicolas II, homme certes très gentil et aimant à l’égard de sa famille, disent certains, n’était peut-être pas d’envergure à gouverner un empire de la taille de la Russie…

En février 1917, la révolution commença, à Petrograd ( C’était à l’époque le nom de Saint-Pétersbourg ). Pour calmer les esprits, et sauver sa famille, le 3 mars 1917, Nicolas II, décida d’abdiquer. Il fut arrêté et, dans un premier temps, détenu, puis finalement, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, fusillé avec toute sa famille sur l’ordre du gouvernement bolchevique. Ce triste événement mit fin à l’histoire de la dynastie des Romanov qui avait régné plus de trois cents ans sur la Russie. IL fut également à l’origine de plusieurs légendes, par exemple sur la survie miraculeuse de la princesse Anastasia ou du prince Alexis.

Après 1917 commença pour la Russie une ère nouvelle et radicalement différente avec, sans doute, ses bons et ses mauvais côtés, ses progrès et ses régressions…

Guevorg A. 1ère S6