Retour à Raconte moi mon Histoire: la Grande Guerre 1914-1918

Une première lettre adressée à un poilu…

Cher papa,

 

Je t’écris cette lettre dans l’espoir de te réconforter. Tu dois te sentir bien seul et bien triste le soir dans cet abri glacial qui te sert de refuge. Je t’avoue que depuis que tu es parti, mes résultats à l’école sont en baisse. Malgré mes efforts fournis, je ne cesse de penser à toi. Je me dis que l’école ne sert plus à rien sans toi, mais je me rappelle de toutes ces fois où tu m’as appris à bien travailler pour devenir un honnête homme ; un homme dont tu pourras être fier, vivant ou mort! Car je sais que la mort fait partie de ton quotidien. Tous les jours, dès que l’on frappe à la porte, je redoute de voir tes chefs venant nous annoncer ta mort au combat. Je me lève chaque jour avec la peur de te perdre.

Pourquoi m’a-t-on arraché si vite de tes bras  ? Pourquoi n’avons nous pas le droit à ce bonheur simple d’être une famille unie et réunie ? Comme avant… Pourquoi notre voisin Robert a-t-il le droit de vivre tous les jours avec son père, et pas moi ? Pourquoi peut-il traverser la guerre en famille, et pas moi ? Pourquoi n’es-tu pas là ? Il y a assez de soldats au front, ils n’ont pas besoin de toi comme moi j’ai besoin de toi. Reviens je t’en prie.

Depuis ton absence, j’aide maman à s’occuper de la maison. Tous les soirs après l’école, je vais dans les champs travailler à ta place. C’est dur ! Je suis épuisé !! Mais c’est pour la bonne cause. Désormais, mon travail est de m’occuper de maman, et le tien est de servir la Patrie et de nous protéger.  Dans dix jours, c’est mon anniversaire, quand maman m’a demandé ce que je souhaitais avoir, je lui ai dit que mon plus beau présent serait de t’avoir à mes côtés. Elle est partie dans sa chambre, les larmes aux yeux. Elle pleure tous les jours depuis que tu es parti. Mais je te promets que l’on reste fort, quoi qu’il arrive.

Je sais que tu me reviendras, au plus profond de moi j’en suis sûr.

Je t’embrasse et je t’aime.

Jean.

Lettre rédigée par A. et B.

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