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Dans la peau d’un autre…

Tout commence par un simple défi lancé entre camarades de classe. L’objectif était de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre et de voir ce que cela allait changer au regard des autres.

Enfiler ces maudits vêtements dès le matin n’a pas été évident mais j’avais ce petit côté tentation qui me motivait.

Comment vont réagir les autres ?

Comment affronter le regard des autres ?

Comment essayer de s’intégrer dans une société qui nous exclut ?

Voilà autant de questions qui résument mes interrogations ce matin-là…

Après avoir fixé avec mes camarades le style de chacun la semaine précédente… le verdict est tombé pour moi, ça sera… le style « racaille » me voilà dans de beaux draps…

Le matin, en allant dans le bus, j’avais le sentiment d’incarner un personnage que j’ai pu croiser des milliers de fois dans ma vie mais voilà, aujourd’hui c’était mon tour. En allant à l’arrêt de bus, les habitués ont été choqués de me voir puisqu’ils ont mis dix mètres de plus entre nous par rapport à d’habitude. Me voilà exclut immédiatement de cette société conformiste.

Mon arrivée au lycée m’angoissait mais heureusement nous étions tous partis dans le même délire donc naturellement un esprit de cohésion s’est immiscé entre nous dans le groupe. Nous avons beaucoup ri ce jour-là. Nous avons été bousculé psychologiquement ce qui a été difficile. À ce moment-là, il ne me tardait qu’une chose : la fin de la journée. Mais ce sentiment d’appartenance à un type de personne qui n’était pas véritablement nous, était difficile car les autres pensaient que c’était véritablement notre personnalité or ce n’était pas le cas. Nous avons réagi comme des humains laissés à l’abandon et comme tout humain nous nous sommes serrés les coudes… finalement est-ce si terrible d’être différent ?

Non, je ne pense pas. Il suffit juste d’être soutenu parce que d’un côté montrer son vrai visage ne peut être que bénéfique. Cette journée, j’y ai pris goût. Cette société me dégoûte, cette expérience m’a ouvert les yeux sur ce monde impitoyable qui refuse la diversité dans un pays ou on prône l’égalité, la fraternité. Ces principes sont simplement écrits et très peu appliqués. Finalement, je n’étais pas si mal dans ses vêtements qui faisaient de moi quelqu’un en marge de la société ; mais à la différence de pas mal de gens je ne me suis pas laissé déstabiliser par les « on dit ». J’étais tout de même soulagé d’être fondu dans cette société… là est le paradoxe…

Si j’avais juste quelques mots à dire pour résumer cette journée : enrichissante, dégoûtante, dure psychologiquement.

 M.

 

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