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Concours de plaidoiries pour l’abolition de la peine de mort

Nous avons participé à un concours national de plaidoiries qui a pour thème : l’abolition universelle de la peine de mort. Si notre plaidoirie est sélectionnée, l’un d’entre nous aura la chance de partir à Paris pour défendre notre travail face à d’autres participants. Le but est de gagner ce concours, ce qui permettrait au représentant de notre groupe de participer au congrès international pour l’abolition universelle de la peine de mort, qui se tiendra à Madrid en compagnie du ministre des Affaires Etrangères M. Laurent FABIUS au mois de juin. Cette activité nous a également permis de travailler en groupe, mais aussi de découvrir une nouvelle technique de rédaction: la plaidoirie sur un thème qui pour la plupart d’entre nous, nous était inconnu et ainsi nous enrichir de nouvelles connaissances. Le concours a eu pour but de nous renseigner sur la peine de mort et sur ce qu’elle implique, ainsi que nous  apprendre les noms des pays la pratiquant encore. Ce concours nous a beaucoup plu et a été très intéressant.

Bonne lecture.

Plaidoirie pour l’abolition universelle de la peine de mort.

Mesdames et Messieurs,

Qu’est-ce que la peine de mort? L’expression d’une vengeance, d’un soulagement pour les familles des victimes, ou un semblant, une parodie de justice. La France l’a abolie en 1981 au prix d’un long combat. Ce combat nous devons encore le mener afin que cette sentence abominable et inhumaine soit supprimée et ce de manière durable et définitive dans le monde entier. La lutte sera longue et sinueuse mais il en va de notre avenir! Nous, les jeunes générations, nous devons suivre le chemin tracé par nos aînés! Messieurs Victor Hugo, Albert Camus ou Robert Badinter ont œuvré pour que la peine de mort soit abolie en France. Nous ne prétendons pas avoir les compétences et encore moins l’expérience de ces grands hommes, mais nous souhaitons nous investir à notre tour afin que les pays pratiquant la peine de mort ouvrent enfin les yeux. Tuer un homme qui a tué n’est pas rendre la justice!

Tout d’abord, la vie de tout être humain est sacrée. Il est donc inconcevable de décider de la vie ou de  la mort d’un homme. L’homme ne doit pas commettre à son tour un crime pour rendre la justice. La Justice doit punir, sanctionner mais ne doit en aucun cas décider de la vie ou de la mort d’un être humain. Si la Justice décide de tuer, de condamner un être humain, elle met fin définitivement aux souffrances du coupable. Si elle décide de lui infliger une peine de réclusion criminelle à perpétuité, il se verra mourir en prison, regrettera toute sa vie son geste (viol, meurtre…). Il réfléchira à ce qui est bien, à ce qui est mal, au prix d’une vie, aux familles brisées (celle de la victime mais aussi la sienne). N’est-ce pas plutôt cela le but de la justice ?

La justice ne doit pas punir pour se venger, elle doit corriger pour améliorer. Victor Hugo, fervent défenseur de l’abolition de la peine de mort disait en ce sens : « L’échafaud est un crime permanent. C’est le plus insolent des outrages à la dignité humaine, à la civilisation, au progrès. » Cette idée est toujours valable au XXIème siècle.

Nous, citoyens Français, qui avons la chance d’appartenir à un pays libre, qui respecte la liberté des Hommes, nous avons aboli la peine de mort. Faisons entendre le message suivant : l’Homme ne doit pas tuer pour rendre la justice !! C’est quand même un paradoxe que la société prétende protéger la vie des hommes en décidant d’en tuer quelques uns !

Rendre la justice par la mort est contraire aux valeurs et principes défendus par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme (1948). Citons l’article 3 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » Pensez-vous que cet article est respecté ? Non ! Beaucoup de pays ont signé cette déclaration et l’appliquent comme les pays européens. Mais ce n’est pas le cas dans le monde entier. Beaucoup de nations appliquent encore la peine de mort alors qu’elles ont signé cette déclaration. Cela vous paraît-il normal ? Certains pensent que seules les dictatures utilisent la peine de mort. C’est faux !!  Même les plus grandes démocraties à l’image de l’Inde et des États-Unis y ont recours. Pourquoi établir des lois si ce n’est pas pour les respecter ?

Parlons des aveux qui aboutissent à des condamnations à mort. Certains pays utilisent  la torture pour les obtenir. Tout être humain avouera un acte qu’il n’a pas commis sous l’effet de la torture. Mais qui ne le ferait pas !? Dans de telles  circonstances? On exige de l’accusé qu’il signe une déposition où il reconnaît sa culpabilité. Cette pratique vous paraît-elle humaine? La torture est devenue une méthode d’enquête criminelle très répandue dans certains pays comme l’Inde ou la Chine. Elle sert tout simplement de méthode à des policiers qui ne disposent pas des technologies modernes d’investigation et continuent à considérer les aveux, même obtenus sous la contrainte, comme la «reine des preuves». Rien ne peut justifier la torture ni d’autres formes de traitement cruels. Or, à l’instar de la torture, l’exécution est aussi une agression physique et psychologique extrême. La douleur physique ressentie par un être humain lors de son exécution ne peut être quantifiée. Certes, lorsque les crimes commis ont un retentissement national, les sentiments de révolte auraient tendance à prendre le dessus sur le désir de rendre la justice. Un exemple : l’attentat de Bombay. Cinq mois après les faits, le procès de ce que la presse indienne a surnommé le « 11 septembre de l’Inde » a réellement commencé lorsque le seul survivant est revenu sur ses aveux en affirmant avoir été torturé. Il fallait un bouc-émissaire pour tenter d’apaiser les souffrances des familles des victimes. Ne pouvait-on pas obtenir des aveux sans pratiquer la torture ? La justice a-t-elle vraiment été rendue ? Les familles ont-elles été satisfaites de cette parodie de justice ? On peut se poser la question.

Certains prétendent que la peine de mort réduirait de manière notable le taux de criminalité. C’est faux ! Il aurait tendance dans le meilleur des cas à stagner voire pire augmenter. En outre, les exécutions sont souvent publiques mais peu de personnes y assistent (avocats, familles des victimes…) donc elles n’ont pas l’effet de dissuasion escompté. La théorie de l’exemple est donc inefficace !! En Arabie Saoudite, en Indonésie, des condamnations à mort ont été prononcées afin de réduire le trafic de stupéfiants. Aujourd’hui, rien ne change !! Même si quelques individus sont exécutés, les réseaux de drogue sont toujours aussi puissants. La peine capitale n’est donc pas la réponse adéquate au fléau de la drogue !!

Lorsqu’un jugement est rendu et une condamnation à mort prononcée, comment ne pouvons-nous pas avoir un doute ?! Le doute ne doit-il pas bénéficier à l’accusé ? L’erreur judiciaire n’est-elle pas possible, envisageable? Oui ! Il y aura toujours des erreurs judiciaires ! En France, grâce à l’abolition de la peine de mort, des erreurs ont pu être réparées. Évoquons l’affaire Patrick Dils. Quinze ans après sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, de nouvelles preuves ont permis de prouver son innocence. S’il avait été condamné à mort : un innocent aurait été exécuté !! Cela vous paraît-il juste ? Est-ce cela rendre la justice ?

Parlons des États-Unis. Selon l’ECPM (Ensemble contre la peine de mort aux États-Unis) 68% des condamnations à mort prononcées entre 1973 et 1995 l’auraient été à la suite « d’erreurs préjudiciables », de manquement à la loi. C’est donc 7 condamnations sur 10 qui ont dû être révisées par des juges ! Les enquêtes ayant été faites dans de mauvaises conditions (dissimulation de preuves…). Un seul exemple. En 1999, au Texas un homme de 27 ans Carlos Deluna a été exécuté pour avoir commis un meurtre en 1989. Vingt-trois ans plus tard, une enquête a été menée et ce pendant 5 ans pour faire toute la lumière sur cette affaire. Un rapport, de près de 800 pages, a été rédigé par un expert et ses élèves en droit et a révélé de terribles erreurs dans la procédure judiciaire! Carlos Deluna avait un sosie ! Il a été condamné et exécuté à la place d’un autre. Est-ce cela rendre la justice ?

Comment éviter de telles erreurs, de telles injustices ? Les avancées scientifiques et le recours aux tests ADN sont une bonne réponse à ce problème. Les États-Unis ont pris conscience des failles de leur système et de la gravité des erreurs judiciaires. Innocence Project a été créé en 1992 afin d’innocenter des détenus victimes de ces mêmes erreurs. George Allen en a bénéficié. Il avait été condamné à quatre-vingt- quinze ans de prison pour viol et meurtre. Ce sont les tests ADN qui l’ont innocenté en 2012. Après avoir passé trente ans en prison, George Allen va devoir apprendre à vivre…à 56 ans. Il est donc la 301ème victime d’erreur judiciaire dont l’association a obtenu la libération. S’il avait été condamné à la peine capitale jamais la justice n’aurait pu être rendue. Nous ne pouvons faire qu’un seul souhait aujourd’hui : que les erreurs judiciaires appartiennent au passé ! Vous comprenez donc bien pourquoi il est primordial, vital que la peine de mort soit abolie partout dans le monde. Laissons aux accusés la possibilité de prouver leur innocence ! Ou à la justice de prouver leur culpabilité, et donc de les condamner et de les incarcérer. Dans ce cas là, la Justice aura fait son travail.

Quel est notre devoir, à nous la jeunesse d’aujourd’hui ? Rester indifférent ? Ou bien contribuer à l’abolition universelle de la peine de mort ? Cette lutte sera longue et rude, nous en sommes conscients. C’est pour cela que nous devons TOUS prendre part à cette cause. Éradiquons totalement la peine de mort afin qu’elle ne soit plus qu’un lointain souvenir dans nos pensées !!

2 TMA, 2 TCB

 

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