Mai 15

Coup de cœur, coup de griffe: « Grâce à Dieu », un film qui fait trembler l’Église.

En ce mois de mai, nous allons vous présenter le film de François Ozon, Grâce à Dieu. Ce film est la première œuvre de ce réalisateur portant sur un sujet aussi grave qu’est le viol sur mineurs. Grâce à dieu est un film inspiré de faits réels , ceux de Bernard Preynat sur ses victimes.

Un prêtre pédophile. Le père Preynat est prêtre depuis 1971 dans le diocèse de Lyon. Il est le prêtre de la paroisse et des scouts de Saint-Luc de 1971 à 1991. C’est dans les camps de scoutisme, mouvement de jeunesse catholique, composé majoritairement de garçons, à l’écart des parents, que le père Preynat sévissait sur les jeunes enfants. Néanmoins ces actes pédophiles se sont également prolongés dans la paroisse du Père Preynat.

Une association de victimes. Alexandre Dussault et Pierre-Emmanuel Germain-Thill, deux victimes du père Preynat ont fondé une association ciation en 2014, « La Parole Libérée ». Cette association possède également un site internet qui recueille plus de quatre cents témoignages de victimes d’agressions sexuelles dont soixante-dix sont des proies du père Preynat.

Un long combat. Ce film aborde tout d’abord la pédophilie du père Preynat et le combat que mènent les victimes contre ce prédateur sexuel qui a une grande emprise sur ses victimes. Il met en scène Alexandre, François et Pierre-Emmanuel qui se battent pour libérer leurs paroles. Ils ont comme objectif de retirer au père Preynat toute activité au contact des enfants. Néanmoins cette lutte sera longue et complexe du fait qu’ils s’attaquent à une institution, l’Église.

Un jugement encore en cours. Le père Preynat est en attente du verdict de son procès pour pédophilie sur mineurs. Il est donc actuellement présumé innocent ; le prêtre a demandé en vain à la justice que le film ne sorte pas avant son jugement définitif. Le Cardinal Barbarin, supérieur écclésiastique du Père Preynat a été jugé coupable en 1ère instance de complicité et de non dénonciation d’agression sexuelle sur mineurs ; cependant il a décidé de faire appel. Le pape François s’est opposé à la démission du Cardinal Barbarin tant que la procédure civile n’était pas achevée. Quant à Bernard Preynat, son procès canonique n’ayant toujours pas eu lieu, il est toujours prêtre, mais pour autant n’a plus aucune activité au sein du diocèse.

Un film qui fait réagir. Le Vatican, représenté par le Pape François a organisé lors de la semaine de la sortie du film un sommet. Ce dernier s’est déroulé sur plusieurs jours et a abordé le sujet des abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique. Suite à la sortie de ce film, Régine Maire, la psychologue du diocèse de Lyon, également représentée dans ce film, s’est opposée à sa sortie. Elle juge son rôle trop ambigu dans l’affaire et veut protéger sa vie privée. Les critiques sont par ailleurs unanimes et notent très bien ce film. Le magazine La Croix, pourtant un quotidien ouvertement catholique le qualifie de film bien construit et engagé ; quant au Figaro et à Cinéséries, ils apprécient le traitement rigoureux du sujet de la pédophilie dans l’Eglise.

L’avis de la rédaction. Après avoir vu ce film, nous pouvons affirmer que le réalisateur a réussi avec brio a montré ce qu’il se passe réellement au sein de l’Église, en mettant en scène des personnages caractéristiques et touchants. Ce film est un coup de cœur, montrant le pouvoir de l’Église dans notre société actuelle et ses secrets, ainsi que le combat acharné des victimes fragilisées qui se battent pour libérer leur parole.

Hugo Aribit et Jeanne Quaglia-Wermelinger

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