Mar 24

Le conseil de Mme Imbernon

       Avec ces giboulets de mars, quoi de mieux que de se blottir sur son canapé accompagné d’un livre passionnant ? Grâce à Mme Imbernon, ce rêve peut devenir réalité ! Ce professeur d’espagnol dans notre lycée a choisi de nous parler d’une œuvre qu’elle a découverte lors d’une discussion entre collègues. Il s’agit de Petit pays, écrit par Gael Faye et publié le 24 août 2016. Ce livre a remporté un grand succès : il a été vendu à plus de 400000 exemplaires en 2016 et récompensé du Prix Goncourt des lycéens la même année.

         Un artiste né. Le nom de Gael Faye ne vous est peut-être pas inconnu… En effet, cet artiste est un auteur, compositeur et interprète de rap. Il a composé d’abord une chanson appelée également « Petit pays » avant d’écrire son livre où les mêmes thèmes sont abordés. Mme Imbernon a été très surprise par cet auteur et chanteur français, qu’elle ne connaissait ni en tant qu’écrivain ni en tant que rappeur. Elle nous a confié qu’elle appréciait ses chansons grâce à « l’écriture du texte et le mélange de textes semi-parlés, semi-chantés. » Et le livre a été pour elle « une lecture savoureuse et poétique comme peut l’être une chanson de rap ».

                Une histoire poignante, inspirée de faits réels de l’auteur. L’histoire se passe en 1993. Le personnage principal est un jeune garçon âgé de dix ans, Gaby, qui vit avec ses deux parents et sa sœur en Afrique de l’Est, au Burundi (cf. l’encadré ci-dessous). Mais un jour, Gaby va devoir supporter la séparation de ses parents et le ravage de son pays à cause de la guerre civile burundaise.

Les conflits latents entre Tutsis et Hutus, deux ethnies de la région des Grands Lacs africains, ont débouché sur la guerre civile burundaise en 1993 et sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, qui coûta la vie de près d’un million de victimes au Rwanda, essentiellement Tutsis. Au Burundi, des milliers de civils tutsis ont été massacrés par les Hutus. Puis l’armée a réagi très violemment et a engagé une répression très dure et le massacre des Hutus : au total, 50 000 à 100 000 personnes (à majorité des Hutus) ont été tuées au Burundi.

D’après Mme Imbernon, les points forts de ce livre sont d’abord ses principaux thèmes : à travers les yeux du personnage, nous découvrons le questionnement d’un jeune enfant, son voyage, ses amitiés, son amour de la nature, sa fuite loin de cette guerre très violente qui a duré de 1993 à 2000, sa famille, la perte de raison de sa mère, la fuite vers la France et son arrivée dans une famille d’accueil, les relations entre les hommes blancs et les hommes noirs. Nous voyons ainsi la naïveté et l’innocence de Gaby s’envoler au cours des événements tragiques qui ont ensanglanté son pays et le Rwanda voisin.

                Une remise en question de notre humanité. La professeure d’espagnol affirme que Petit pays est une véritable œuvre littéraire, grâce à laquelle le lecteur peut se poser de grandes questions sur la civilisation, sur le rapport entre les hommes, sur le racisme, sur la violence. Tous les sujets évoqués le sont à travers les yeux d’un enfant, mais ce sont des thèmes qui touchent tout le monde, et d’autant plus qu’ils sont abordés par un enfant contraint de vivre des expériences déjà douloureuses pour des adultes.

                Merci à Madame Imbernon pour ce précieux conseil ! Nous n’avons plus qu’à courir le plus vite possible au CDI pour emprunter Petit pays ! Bonne lecture à tous !

                                                                                                                       Agathe Pradier et Flora Yèche

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