Nov 18

Les notes, un bienfait ou un méfait ?

               Nous sommes déjà mi-Novembre, le 1er trimestre est bien entamé et les premières notes sont tombées depuis un bon moment. C’est une réalité banale pour les élèves comme pour les professeurs dans un lycée. Et si on prenait le temps d’y réfléchir un peu ? Sont-elles bénéfiques pour notre réussite scolaire, ou bien au contraire un frein ? Quel est l’avis des élèves ? Et celui des professeurs ? Que se passe-t-il dans les établissements où il n’y a pas de notes ?

                Des avis partagés. Nous avons mené notre enquête et sonder systématiquement plusieurs classes du lycée : il s’avère qu’environ 44% des élèves interrogés pensent que les notes motivent, contre 40% qui pensent qu’elles ont un effet négatif ; 16% d’élèves sont sans avis, ce qui est assez important et confirme que le sujet divise ou ne se tranche pas facilement. Pour certains élèves, la notation est donc stimulante, tandis que pour d’autres cela paraît un facteur de découragement et de stress. Quant aux professeurs, leurs avis sont également nuancés. Une professeure de mathématiques d’un collège voisin nous a confirmé notre rapport complexe aux notes : « Ce n’est pas la note qui est importante, mais ce que l’on en fait, la place qu’on lui donne. Une note peut être un très bon outil pour savoir où l’on se situe dans l’apprentissage d’une notion. Le problème est quand on regarde une note seule, sans comprendre, sans explication. La note doit aider à évoluer et doit pouvoir évoluer. Elle représente les acquis à un instant T, sans prendre en compte le fait que certains élèves ont besoin d’un peu plus de temps. Elle est malheureusement souvent vue comme une sanction. »

                D’autres modes possibles d’évaluation ? Une des questions également posée aux élèves était de savoir si la notation est à leurs yeux un bon système d’évaluation : plus de la majorité des réponses est négative. La principale raison est sans doute que la notation est plus souvent un indicateur de réussite au travail donné et non des efforts et des progrès fournis par l’élève. C’est pourquoi dans certains établissements, des alternatives à la notation ont été mises en place. Diverses solutions ont été citées par nos lycéens : les lettres, les couleurs, ou les compétences (qui sont déjà employées dans de plus en plus d’écoles et de collèges).

                Un indicateur social. Les conditions de travail des élèves sont différentes d’un foyer à l’autre et c’est là que les inégalités sociales émergent. Les études que nous avons pu lire sur le sujet montrent que les notes reflètent généralement ces inégalités que l’on peut trouver entre chaque élève. Certaines familles multiplient en effet les sorties dans des lieux culturels (cinéma, théâtre, musées, concerts,..), ce qui élargit le cercle des connaissances de chacun et aide à l’école. Les activités extrascolaires sont également capables de développer la culture générale de l’enfant, comme par exemple le fait de jouer d’un instrument, de lire : eh oui, si tu n’aimes pas lire, c’est plus difficile d’avoir de bonnes notes ! En outre, le fait de posséder une bibliothèque plutôt qu’une PS4 est un avantage pour l’élève.

                Conclusion ? Les notes sont souvent mal vécues, mais elles ne sont qu’un thermomètre : supprimer les notes, cela revient à casser le thermomètre, mais cela ne guérit pas de la maladie. Que ce soit des notes, des couleurs ou des lettres, il faut bien un indicateur de la réussite et de l’évolution des élèves. Mieux vaut peut-être travailler sur la manière et les moyens de mieux faire réussir chacun d’entre nous que supprimer l’évaluation de notre travail et de nos progrès…

                         Camille Leclerq et Emma Lechardoy

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