Néron l’artiste -Satire

Le Descendant d’Orphée

Alors qu’un paisible citoyen sortait dans la rue, il remarqua l’absence totale d’individus dans son quartier. Il se demanda ce qui s’était passé. Il parcourut les rues de Rome à la recherche de la cause de ce calme inquiétant. Il finit par croiser un badaud qui lui indiqua le chemin du Circus Maximus. En marchant en direction de ce dernier, il entendit un bruit aigu qui sembla lui déchirer les tympans. Le pauvre homme vacilla à l’écoute de ce cri strident et s’écroula à terre.
Au même moment, dans les tribunes du Cirque, on pouvait entendre le peuple acclamer Néron, et celui-ci, se sentant galvanisé, monta sur l’estrade. Un silence se faisait entendre. Le fils d’Apollon entama alors les vers qu’il avait lui-même composés. Le peuple commença à s’appliquer de la cire dans les oreilles. Les mères cachèrent les yeux de leurs enfants. La voix céleste retentit. C’est alors qu’un son inaudible envahit le cirque entier. Sa voix était tellement horrible que les soldats les plus endurcis lâchèrent une larme de souffrance. La peinture des murs s’écailla, les colonnes se fissurèrent et Jupiter lui-même exprima son courroux à travers un éclair fulgurant. Mais le divin Néron restait imperturbable. Les plus faibles ne purent supporter une telle douleur.
On commençait à entendre des rires moqueurs depuis les tribunes. Néron redoubla alors d’efforts et s’efforça de faire entendre sa voix. Le peuple est tellement pris de rire en entendant leur empereur essayer pitoyablement d’attirer l’attention de son public.
Prenant ces rires pour du mépris, il voulut prouver sa descendance divine. Il attela lui-même un char, appela un esclave afin de l’aider a monter, son physique bedonnant ne lui permettant pas d’effectuer des tâches aussi difficiles. Le char se mit en route chevauché par l’empereur qui se remit à faire écouter son horrible voix grinçante. Mais les rires ne furent que plus intense.
Au bout d’un tour du cirque, l’obésité de Néron l’emporta sur le quadrige et celui-ci se brisa sous ses pieds et tomba à terre. Se sentant humilié, Néron quitta le cirque en se massant son corpulent fessier.
Le soir venu, il voulut s’exercer au chant de La Prise de Troie. Il sortit seul dans les rues de Rome et s’installa a coté d’une forge qui traînait par ici. Il entama donc ses vers. Un peu plus haut, Vulcain assista à déplorable scène qui avait lieu. Il prit ce chant comme insulte envers l’art de la forge, et de rage, il enflamma Rome entière. Mais ne se rendant pas compte de ce qui se passait, Néron poursuivit son massacre et alors un geyser de flamme jaillit sous ses pieds et consuma entièrement Néron. Mais, insatisfait de son œuvre, Vulcain punit le fils d’Apollon en l’envoyant aux Enfers.
Pendant que Néron embarqua avec le passeur sur le Styx, Vulcain voulut frapper de son courroux l’embarcation, mais celle-ci ne put supporter le poids de temps de fautes et de graisse.

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