Mar 04

Birmanie et démocratie ne riment pas pour tous les partis

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… » Par cette citation, la militante Aung San Suu Kyi met en évidence les raisons des tensions actuelles en Birmanie.

Aung San Suu Kyi en 2013 – Photo CC Wikipédia

Elle est la fille de Aung San, un militaire dont le rôle a été décisif pour l’indépendance du pays en 1948, et cherche aujourd’hui à établir un régime démocratique. Seulement, depuis 1962, une série de dictatures militaires se sont imposées à la tête de la Birmanie. Le pays a souvent été décrit parmi les pires du monde en matière de libertés publiques par les organisations internationales.

Seulement en 2008, la junte a proposé la mise en place d’une constitution lors d’un référendum. L’objectif annoncé étant de démocratiser la vie publique via la mise en place d’élections législatives. Ainsi, en 2012 et en 2015, la Ligue Nationale de la Démocratie dirigée par Aung San Suu Kyi remporte les élections législatives. Même si l’armée occupe un nombre démesuré de sièges au Parlement, elle n’est plus, à proprement parler, à la tête du pays. Aung San Suu Kyi devient ministre du conseil d’État (première ministre) et un de ses proches prend la présidence. Les représentants militaires dénoncent alors une concentration des pouvoirs exécutifs et législatifs dans les mains d’une seule personne, ce qui est une violation à l’article 11 de leur constitution.

Du 30 mars 2018 au coup d’État du 1er février 2021, Win Myint était président de la Birmanie et avait annoncé sa volonté « d’amender la constitution afin de construire une union démocratique fédérale ». Lors du coup d’État, Aung San Suu Kyi a été arrêtée par l’armée qui déclare l’état d’urgence pour un an. Le général Myint Swe a été nommé président par intérim par l’armée.

Manifestation d’étudiants et de professeurs contre le coup d’état militaire le 02 février 2021 – Photo sous CC Wikimedia

Ainsi, depuis le 1er février, les birmans défilent dans les rues en réclamant la libération de Aung San Suu Kyi et de plusieurs autres membres de la Ligue Nationale de la Démocratie. Ils réclament également les libertés et la durabilité d’une démocratie libérale.

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