Nov 28

Kirghizistan: des manifestations au désordre politique

Le Kirghizistan est un pays d’Asie centrale de 6 millions d’habitants né en 1991 après la dissolution de l’URSS. En apparence très démocratique, le pays est fortement divisé entre le nord, urbanisé et majoritairement chrétien, et le sud, plus rural et musulman. Il est également instable puisque deux révolutions ont déjà conduit en 2005 et en 2010 à la démission des présidents de l’époque. La constitution empêchant d’enchaîner deux mandats d’affilé, Almazbek Atambaev favorise l’accession au pouvoir en 2017 de son protégé Sooronbay Jeenbekov. Mais ce dernier se détache vite d’Atambaev et le fait emprisonner.

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Situation géographique du pays
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Le 4 Octobre 2020, le parti du président Jeenbekov remporte largement les élections législatives. Mais les résultats sont contestés par ses opposants qui accusent les vainqueurs de corruption et des milliers de manifestants se rassemblent à Bichkek, la capitale, et dans le reste du pays. Un mort est à déplorer et l’ancien président Atambaev est libéré, ainsi que l’ancien député nationaliste Sadyr Japarov. Des affrontements éclatent entre les partisans des deux hommes, et les mafias locales renforcent leur influence. Une procédure de destitution est lancée par les députés envers le président Jeenbekov qui perd le contrôle. Des gouverneurs sont également renversés et l’état d’urgence décrété.

Manifestation au Kirghizistan. 
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Le 10 Octobre, Jeenbekov nomme Japarov premier ministre pour apaiser les tensions, et Atambaev est à nouveau incarcéré. Un nouveau président de l’assemblée est aussi nommé. Le 15 Octobre, Jeenbekov annonce sa démission et Japarov cumule alors les titres de président par intérim et premier ministre. Les deux grandes puissances voisines, ayant toutes deux des intérêts au Kirghizistan, se sont prononcées : la Russie appelle au calme tandis que la Chine s’annonce prête à négocier, quelque soit le dirigeant. 

Désireux de se présenter aux élections présidentielles du 10 janvier 2021, Japarov démissione de ses fonctions de président et premier ministre par intérim le 14 novembre. En effet, la constitution actuelle lui interdisait de se présenter tout en étant en poste. Il parvient cependant toujours à influencer les politiques mises en place. C’est le cas d’un projet d’amendement à la constitution qui devrait être voté par référendum en même temps que les élections. Cet amendement renforcerait considérablement les pouvoirs du président, et de nombreux manifestants s’y sont opposés à Bichkek le 22 novembre. Une chose est sûre : Japarov semble déjà préparer le terrain pour sa future présidence…

2 Commentaires

    • Camille Colin on 2 décembre 2020 at 13 h 58 min
    • Répondre

    Super, résumé clair et bref !

    1. Merci, tant mieux si j’ai réussi à clarifier la situation. Je modifierai l’article ou en ferai un autre si il ya du nouveau.

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