Mai 21

Le blocus des Graves

Crédits photos Arij Jelila

Des représentants du mouvement de protestation qui a eu lieu mercredi 5 mai ont été reçus par le proviseur. La réunion visait à cerner les raisons exactes de la mobilisation et les solutions qui pourraient être apportées. Voici ce qui est ressorti de cette réunion.

 

Le proviseur a relevé un « comportement remarquable » de la part des manifestants qui ont su rester responsables et autonomes. L’accès du lycée n’a pas été bloqué aux élèves qui voulaient passer l’épreuve et n’a pas laissé place à la violence. Au contraire, les manifestants ont profité de l’événement pour engager un dialogue constructif.

Les représentants ont relevé les arguments qui ont poussé les élèves à protester. Ils ont décrit une peur de ne pas terminer les programmes à temps et d’être pénalisés dans le supérieur. C’est notamment le cas des demandeurs de classes préparatoires ou de filières très sélectives dans lesquelles ils seront confrontés à des ressortissants de lycées privés (à 100% de présentiel). Les élèves affirment être conscients du fait que le maximum est fait pour assurer au mieux leur éducation mais ont ressenti le besoin de s’exprimer, de faire part de leur frustration et de leurs craintes. Ils ont également relevé des problèmes de motivation et concernant la santé mentale des élèves dus au fait que le lycée est devenu trop scolaire (aucune sorties, peu d’associations sportives). Enfin, beaucoup se plaignent d’un acharnement depuis la rentée de mai : trop de contrôles en même temps, bac blanc, préparation aux concours d’entrée dans les Ecoles, concours généraux.

Le proviseur a répondu qu’il y avait très peu de chances pour que les épreuves de fin d’année connaissent de nouveaux aménagements. Il a cependant conseillé aux professeurs de se concentrer sur l’apprentissage de la méthodologie pour préparer les élèves au supérieur. Les élèves ne doivent pas lâcher et peuvent se confier aux CPE et à l’infirmière en cas de problème. Il conseille aux élèves de se confiner une semaine avant les épreuves pour éviter de tomber malade le jour J. Enfin, il ne compte pénaliser ni les manifestants, ni les élèves qui ont passé leur bac blanc de philosophie. Nous ne savons pas encore comment cela se mettra en place dans les faits.

Globalement, les manifestants ont ressenti un désir de montrer que les élèves étaient des citoyens au même titre que les professeurs, que les personnes de service et que l’administration. Eux aussi peuvent ou vont pouvoir voter, et ils veulent que leur voix soit considérée.

Mai 20

Interview de Jean Castel

Vendredi 7 mai j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Jean Castel, un auteur-compositeur-interprète qui était au lycée des Graves il y a quelques années. Voici l’interview en exclusivité :

Jean Castel. Crédits photos Seppshots avec son accord

Nathan: « Peux-tu te présenter en quelques mots? »

Jean: « Je m’appelle Jean Castel, j’ai 25 ans et j’écris de la musique, j’enregistre, je fais mon projet d’artiste c’est-à-dire que je sors mes propres chansons, j’écris pour d’autres artistes et je fais aussi de la réalisation. J’ai fait plusieurs écoles de musique dont le conservatoire à Bordeaux et Berklee à Boston, j’ai vécu 6 ans aux États-Unis et je viens de déménager sur Paris. »

N: « Tu viens de Villenave-d’Ornon et tu as été au lycée des Graves? »

J: « C’est ça, absolument ! »

N: « Et alors quand as-tu commencé à jouer de la musique et à chanter ? »

J: « J’ai commencé le violon à 5 ans, puis j’ai arrêté et me suis mis à la guitare à 9 ans. et j’ai toujours un peu chanté aussi, mais j’ai commencé à chanter plus sérieusement vers mes 16-17 ans après avoir commencé la prod. C’est à ce moment là que j’ai commencé mon projet d’artiste, lorsque j’étais au lycée. »

N: « Et quelles ont été les différentes étapes dans ton parcours musical ? »

J: « Entre mes 14 et 18 ans j’ai fait le conservatoire de Bordeaux en guitare, et après le bac je suis parti aux États-Unis à Boston pendant 1 an et demi. Je suis ensuite parti à Los Angeles pendant 4 ans, jusqu’au Covid, et là-bas j’écrivais beaucoup, je produisais et réalisais pour d’autres artistes, pour mon projet. »

N: « Quel est ton style musical? »

J: « Je dirais que c’est un mix de pop et de RnB principalement. Mais on peut aussi trouver des influences hip-hop, jazz, disco et classique »

N: « De quoi parles-tu dans tes chansons et quelles sont tes sources d’inspiration? »

J: « Je parle souvent de la vie de tous les jours, de l’amour. Mon inspiration vient principalement de ça, de ce que je ressens dans certaines situations. Et en termes d’inspiration musicale je suis très inspiré par des textes d’artistes comme Kendrick Lamar, Frank Ocean, et maintenant, plus récemment, j’écris aussi en français, et j’aime beaucoup Aznavour ou Goldman. »

N: « Quels sont tes artistes préférés ? »

J: « Kendrick Lamar et Frank Ocean j’aime beaucoup, les Beatles j’en suis un grand fan, Tame Impala, des gens comme Kanye West, Travis Scott… des artistes qui ont un son unique et ultra reconnaissable. »

N: « Qu’est-ce que tu aimes le plus dans la musique, le chant? »

J: « Je dirais que chaque étape du processus créatif est cool, quand tu commences à écrire la musique, ensuite le moment où tu l’enregistres, tu produis/réalises, et après quand tu vas sur scène, là tout prend son sens. Quand tu te retrouves devant des gens et que tu vois leur réaction, je trouve que c’est quand même un des meilleurs trucs au monde. Donc je dirais que tout prend son sens au moment de la performance sur scène. Et évidemment avec le Covid ça manque un peu… »

« J’ai fait une tournée avec Ofenbach avant le Covid, et c’était tellement le kiffe, il y avait une énergie de fou. De pouvoir monter devant plein de gens et de s’éclater, danser, chanter avec eux, c’était incroyable. En fait c’est vraiment un moment coupé dans le temps et là tu te dis  »c’est génial’, il y a jamais aucun moment où tu peux faire ça dans la vraie vie. Tu peux juste t’éclater et faire ta rock star. »

N: « Est-ce que tu as des rêves, des projets dans les années à venir, est-ce qu’il y a un artiste avec lequel tu rêves de collaborer? »

J: « Y a tellement de choses… Oui, j’ai envie de sortir un album, de faire des tournées, j’ai envie de voyager le monde. J’aimerais beaucoup collaborer avec les gens que j’ai déjà cité, Kendrick Lamar, Frank Ocean, j’aimerais beaucoup bosser avec Paul McCartney aussi. En tout cas déjà faire plein de concerts, des tournées et sortir un album. »

N: « Aurais-tu autre chose à rajouter, un message peut-être à partager? »

J: « Oui ! Une grosse dédicace à Mme Carrère, je l’adore, elle est trop cool. Elle a toujours été super « supportive » dans ce que je faisais et très à l’écoute, c’est une personne adorable et bienveillante. Elle est vraiment super. »

Remerciements à Jean Castel. Vous pouvez le retrouver sur les réseaux sociaux : @jeancastelmusic !

Avr 16

L’héritage de Malthus

Aujourd’hui, peu de gens connaissent Thomas Malthus, économiste anglais du XVIIIe-XIXe siècle, et ceux qui en ont déjà entendu parler en ont gardé une image plutôt négative. La pensée de Malthus, qui reste connotée négativement, a pourtant eu une influence importante et connaît au XXIe siècle un regain d’intérêt. Qui était Malthus ? Quelles étaient ses théories ? Et surtout quel héritage ont-ils laissés ? C’est ce que je vous propose de découvrir.

Portrait de Thomas Malthus par John Linnell – Crédits : Wikimedia Commons

Thomas Robert Malthus, né le 13 février 1766 dans le Surrey (sud de l’Angleterre), est dirigé vers une carrière ecclésiastique par ses précepteurs et devient en 1797 prêtre anglican. C’est à cette époque qu’il commence à écrire des ouvrages d’économie. Témoin d’une crise sociale due à l’industrialisation du pays, il cherche à l’expliquer et publie en 1798 la première version de son œuvre majeure : Essai sur le principe de population, qu’il révisera de manière importante en 1803 et continuera de modifier jusqu’en 1826. Il y explique, calculs et statistiques à l’appui, que la population croît beaucoup plus rapidement que les ressources naturelles Par conséquent, la croissance exponentielle de la population, favorisée par la raréfaction des guerres et épidémies, risque d’entraîner l’épuisement des ressources et donc un effondrement de la société (hausse de la mortalité, paupérisation). Malthus en déduit qu’il est nécessaire de réguler la croissance démographique, notamment en limitant les naissances (en retardant l’âge du mariage et en encourageant l’avortement, la contraception, la chasteté voire le célibat) et en mettant fin à toute aide sociale envers les plus démunis car les ménages pauvres ont tendance à avoir beaucoup d’enfants. Cet essai, qui constitue une vaste étude démographique et sociologique, connaît un grand succès et suscite plusieurs polémiques. Malthus continue dès lors à écrire, se marie et devient professeur d’économie politique. Il se lie d’amitié avec David Ricardo mais les deux économistes (aujourd’hui considérés comme deux membres éminents des « Classiques ») sont aussi souvent en désaccord, notamment autour du libre-échange (Ricardo y est favorable alors que Malthus préfère conserver la politique protectionniste de l’Angleterre). Malthus meurt le 29 décembre 1834 d’une crise cardiaque, mais ses idées, elles, restent bien vivantes.

Vision simplifiée de la théorie de Malthus
Crédits : Wikimedia Commons
David Ricardo (1772-1823) – Crédits : Wikimedia Commons

Très tôt, de nombreux auteurs critiquent la thèse de Malthus, qui s’oppose à l’aide des plus démunis, et pointent ses failles. Il est vrai que les observations effectuées au XXe semblent invalider les prédictions de Malthus : la population se limite dans les pays développés (phénomène de « transition démographique ») et la mécanisation de l’agriculture a augmenté les rendements alimentaires, faisant baisser le taux de malnutrition à l’échelle mondiale. Pourtant, ceux qui sont qualifiés de néomalthusiens (et souvent perçus négativement) existent bel et bien, et les thèses de Malthus connaissent même un regain d’intérêt. La crise des années 1880-90 favorise la montée des idées néomalthusiennes mais ces dernières sont accusées de tous les maux dans les années 1920, à tel point que toute propagande antinataliste est interdite. Certains anarchistes ajoutent aux idées de Malthus que la décroissance démographique est souhaitable pour éviter de fournir à la bourgeoisie de la main-d’œuvre et de la chair à canon. Le plus célèbre exemple de politique malthusienne reste celle de l’Enfant Unique en Chine (1979-2015), mais d’autres pays ont mis en place des mesures visant à faire baisser leur importante natalité (Inde, Iran, Vietnam…). Aujourd’hui, il est incontestable que la population mondiale augmente depuis le XXe siècle à une vitesse jamais vue (+6 milliards en 100 ans) et que les ressources naturelles commencent à manquer. Les hausses de la production et de la population ont causées des crises environnementales (changement climatique, pollution…) qui risquent d’entraîner des catastrophes. C’est pourquoi le néomalthusianisme est aujourd’hui de plus en plus fréquent au sein des mouvements écologiques qui prônent une stabilisation démographique (de nombreuses personnes refusent d’ailleurs volontairement d’avoir des enfants). Loin d’invalider les prévisions de Malthus, les événements les auraient donc confirmées.

Phénomène de « transition démographique – Crédits : Wikimedia Commons
Affiche chinoise issue de la Politique de l’Enfant Unique – Crédits : Wikimedia Commons

Il ne faut pas limiter la postérité de Malthus à ses théories sur la population. Il a également influencé la création de la théorie de la sélection naturelle de Darwin, et annonçait déjà le keynésianisme (un des plus importants courants économiques).  Keynes lui-même dira de Malthus qu’il était « le premier des économistes de Cambridge » (école keynésienne), car il mettait déjà en avant le rôle de l’épargne dans les crises de sous-consommation/surproduction du capitalisme et contestait ainsi la loi des débouchés de Say. Il est intéressant enfin de noter que Malthus a inspiré ces dernières années de nombreux personnages de fiction aux convictions pouvant être jugées de malthusiennes. On peut citer Thanos des films Avengers : Infinity War et Endgame, Richmond Valentine du film Kingsman ou encore Amalthus (son nom parle de lui-même) du jeu vidéo Xenoblade Chronicles 2, qui veulent tous trois limiter la population. Certes, ils jouent tous le rôle de méchant et emploient des moyens extrêmes, mais ils sont souvent des idéalistes et le public a souligné l’ambivalence de leurs motivations qui peuvent être comprises.

John Maynard Keynes (1883-1946) – Crédits : Wikimedia Commons
Thanos, personnage d’Avengers incarné à l’écran par Josh Brolin – Crédis : Pexels.com

On peut donc dire aujourd’hui plus que jamais que Malthus a eu un héritage important. Bien que le malthusianisme soit encore majoritairement perçu par ceux qui le connaissent comme pessimiste et dans l’erreur, voire diabolisé par certains comme un frein au développement, l’idéologie connaît un sérieux regain de popularité face aux défis environnementaux actuels qui semblent confirmer en partie l’analyse de Thomas Malthus qui, loin d’être maléfique, essayait simplement d’expliquer les problèmes que connaissait l’Angleterre et d’y trouver une solution. Cet article n’est bien entendu pas là pour faire l’apologie du malthusianisme, mon but étant simplement de présenter un penseur souvent méconnu dont les idées persistent actuellement et dont il me semblait intéressant d’analyser la postérité. La principale erreur de Malthus a peut-être été de ne pas voir ce que beaucoup mettent aujourd’hui en avant comme la véritable solution : la réduction non pas de la population, mais de sa consommation.

Mar 23

C’est la Semaine de la presse et des médias

Comme tous les ans au mois de mars, le CLEMI (le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information, la signification du sigle a évolué) organise et propose aux établissements scolaires une Semaine de la presse et des médias à l’Ecole. C’est l’occasion de promouvoir les médias et l’information aux sein des écoles mais aussi de mettre en valeur les médias scolaires comme notre blog. De plus l’offre en journaux et magazines au CDI est étoffée. Les professeurs documentalistes proposent et réalisent auprès des classes des séances pédagogiques sur l’information, l’infox, les médias, les caricatures de presse, etc.

Mar 23

« Adieu les cons » : grand vainqueur de la 46ème cérémonie des Césars.

Le vendredi 12 mars dernier s’est tenue à Paris la 46ème cérémonie des Césars. Cependant, en raisons de la crise actuelle de la Covid-19, un protocole sanitaire strict a été mis en place. Le port du masque était obligatoire pour toutes les personnes présentes, et une distanciation était imposée entre chaque siège.

Le grand vainqueur de la cérémonie est Adieu les cons, réalisé par Albert Dupontel. Il repart avec 7 Césars , dont celui de meilleur film, de meilleur réalisateur et de meilleur scénario original. Le film remporte également le César de la meilleur photographie par Alexis Kavyrchine, des meilleurs décors pour Carlos Conti ainsi que des meilleurs costumes pour Madeline Fontaine. Le film a remporté le César des lycées ( 1 500 élèves votent pour le film qu’ils ont préféré parmi les cinq films nommés dans la catégorie « meilleur film »). Adieu les cons a également reçu le César du meilleur acteur dans un second rôle, décerné à Nicolas Marié pour son interprétation de M. Blin.

L’affiche du film Adieu les cons. DR

De son côté, le film Adolescentes, réalisé par Sébastien Lifshitz est reparti avec le César du meilleur film documentaire, le César du meilleur son, décerné à Fanny Martin, Jeanne Delplancq, Olivier Goinard et Yolande Descarsin, ainsi que le César du meilleur montage pour Tina Baz.

Le César de la meilleure actrice a été décerné à Laure Calamy pour son rôle dans Antoinette dans les Cévennes et le César du meilleur acteur à Sami Bouajial pour Un Fils.

Le reste du palmarès est :

Meilleure actrice dans un second rôle : Emilie Dequenne pour Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait.

Meilleure espoir féminin : Fathia Youssouf pour Mignonnes.

Meilleur espoir masculin : Jean-Pascal Zadi pour Tout simplement noir.

Meilleur court métrage : Qu’importe si les bêtes meurent par Sofia Alaoui.

Meilleur premier film : Deux par Filippo Meneghetti.

Meilleure adaptation : La fille au bracelet par Stéphane Démoustier.

Meilleur court métrage d’animation : L’heure de l’ours par Agnès Patron.

Meilleur film d’animation : Josep par Aurel.

Meilleur musique originale : La nuit venue par Rone.

Meilleur film étranger : Drunk par Thomas Vinterberg.

Cette année, l’académie a décidé de remettre le César d’honneur à Jean-Pierre Bacri, décédé le 18 janvier dernier. Il a été récompensé pour ses nombreux films et pour sa contribution au cinéma français.

Au delà du palmarès, la cérémonie des Césars a également permis aux acteurs d’exprimer leurs idées. Ils ont souhaité protester contre les restrictions sanitaires actuelles ainsi que la fermeture des lieux culturels et notamment des cinémas. Ils ont abordé des thèmes de l’actualité tel que le mental des français avec le confinement, ou encore, l’affaire d’Adama Traoré.

Pour soutenir le cinéma français qui est en difficulté à cause de la crise du Covid, la cérémonie a diffusé une bande annonce regroupant tous les films français à venir en 2021.

La 46ème cérémonie des Césars s’est donc déroulée dans des conditions particulières. Cependant, cela n’a pas empêché aux vainqueurs de repartir heureux. C’est notamment le cas du film d’Albert Dupontel Adieu les cons qui est le grand gagnant de cette année !

Mar 11

Compte rendu des éco-délégués

« Juste avant les vacances, un petit groupe d’éco-délégués a installé des cartons de recyclage de papier. Ces bacs visent à récupérer les papiers destinés à être jetés, pour les inclure dans un processus de recyclage. Il s’agit d’une des démarches des éco-délégués et du CVL.

Corbeille de recyclage papier. Crédits Maylis C.

« Merci de bien vouloir utiliser ces cartons à bon escient, de manière à favoriser une approche plus écologique du fonctionnement de notre lycée.

« Bientôt, d’autres projets verront le jour, nous vous tiendrons au courant de ces avancées.

« Nous restons à votre écoute et serions ravis d’avoir des suggestions de la part des autres élèves du lycée.

« Cordialement,

« Les éco-délégués »

Mar 04

Birmanie et démocratie ne riment pas pour tous les partis

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… » Par cette citation, la militante Aung San Suu Kyi met en évidence les raisons des tensions actuelles en Birmanie.

Aung San Suu Kyi en 2013 – Photo CC Wikipédia

Elle est la fille de Aung San, un militaire dont le rôle a été décisif pour l’indépendance du pays en 1948, et cherche aujourd’hui à établir un régime démocratique. Seulement, depuis 1962, une série de dictatures militaires se sont imposées à la tête de la Birmanie. Le pays a souvent été décrit parmi les pires du monde en matière de libertés publiques par les organisations internationales.

Seulement en 2008, la junte a proposé la mise en place d’une constitution lors d’un référendum. L’objectif annoncé étant de démocratiser la vie publique via la mise en place d’élections législatives. Ainsi, en 2012 et en 2015, la Ligue Nationale de la Démocratie dirigée par Aung San Suu Kyi remporte les élections législatives. Même si l’armée occupe un nombre démesuré de sièges au Parlement, elle n’est plus, à proprement parler, à la tête du pays. Aung San Suu Kyi devient ministre du conseil d’État (première ministre) et un de ses proches prend la présidence. Les représentants militaires dénoncent alors une concentration des pouvoirs exécutifs et législatifs dans les mains d’une seule personne, ce qui est une violation à l’article 11 de leur constitution.

Du 30 mars 2018 au coup d’État du 1er février 2021, Win Myint était président de la Birmanie et avait annoncé sa volonté « d’amender la constitution afin de construire une union démocratique fédérale ». Lors du coup d’État, Aung San Suu Kyi a été arrêtée par l’armée qui déclare l’état d’urgence pour un an. Le général Myint Swe a été nommé président par intérim par l’armée.

Manifestation d’étudiants et de professeurs contre le coup d’état militaire le 02 février 2021 – Photo sous CC Wikimedia

Ainsi, depuis le 1er février, les birmans défilent dans les rues en réclamant la libération de Aung San Suu Kyi et de plusieurs autres membres de la Ligue Nationale de la Démocratie. Ils réclament également les libertés et la durabilité d’une démocratie libérale.

Fév 20

Perseverance à l’exploration de Mars!

Mars Perseverance Rover – Artist Concept  – Crédits Wikimédia

Ce jeudi 18 février à 20h55 TU, le rover Perseverance de la Nasa atterrira sur Mars. Sa mission, nommée Mars 2020, qui se déroulera sur 2 ans minimum, consistera à étudier le sol martien et à en prélever des échantillons pour les analyser.

Présentation et objectif de la mission Mars 2020

La mission Mars 2020, élaborée par la Nasa, est une des missions spatiales les plus importantes. Le principal objectif est de collecter des échantillons du sol Martien, qui seront analysés notamment afin d’en savoir davantage sur d’éventuelles formes de vie anciennes sur l’astre. C’est l’astromobile Perseverance qui sera chargé du prélèvement. Celui-ci a décollé à bord d’une fusée Atlas V 441 le 30 juillet 2020, depuis la base de lancement de Cap Carnaval, en Floride.

Mars 2020 Perseverance Launch – Crédits photo NASA / Joel Kowsky

Après « sept minutes de terreur », la mission mars 2020 se posera normalement ce soir dans le cratère Jezero, à 20h55 TU, soit à 21h55 en France.

Déroulement de l’atterrissage

L’atterrissage de Mars 2020 se déroulera en plusieurs étapes. D’abord, l’étage de croisière (il contient le carburant et protège le Rover) sera largué. Ensuite, à environ 124km d’altitude, la sonde pénétrera dans l’atmosphère de Mars. A ce moment-là, le bouclier thermique de la sonde, qui absorbe la chaleur, aura tout son intérêt. En effet, comme la sonde évoluera à 20 000km/h, les pics de température atteindront par moments jusqu’à 1300°C.

Ensuite, la sonde décèlera progressivement, pour atteindre 1 500km/h. Commence alors le début de la deuxième grande phase, très périlleuse, qui est le déploiement du parachute. Ce parachute, mesurant 21mètres de diamètre et qui à pour objectif de ralentir la sonde, peut en effet mal se déployer ou se déchirer. Si tout se passe bien, les boucliers thermiques seront ensuite largués, puis la phase de descente commencera. Enfin, une fois la vitesse ralentie à l’aide des moteurs de la sonde, le Rover Perseverance va descendre, suspendu à 20km au-dessus du sol par des câbles. Une fois qu’il sera posé, le reste de la sonde ira s’écraser sur Mars, le plus loin possible pour ne pas abîmer Perseverance.

Le JPL (Jet Propulsion Laboratory, le centre de recherche et de développement financés par le fédéral et La Nasa) prendra alors contact avec Perseverance pour s’assurer qu’il est en bon état.

Ces phases d’atterrissages se dérouleront durant sept minutes, qui sont nommées les « sept minutes de terreur » car celles-ci sont ultra-périlleuses.

Vous pouvez voir l’ensemble de ces étapes dans cette animation faite par le JPL : https://www.youtube.com/watch?v=rzmd7RouGrM

L’hélicoptère Ingenuity

Helicopter Above Perseverance on Mars – Crédits Wikimédia

Perseverance n’arrivera pas seul sur Mars ! Un hélicoptère, l’hélicoptère Ingenuity ou Mars Helicopter Scout (MHS) sera son compagnon, et aura une toute autre mission, d’une durée d’une trentaine de jours. Ce petit hélicoptère d’à peine deux kilogrammes tentera l’expérience de s’envoler sur la planète rouge. S’il y parvient, il deviendra le premier engin à voler sur une autre planète.

Retour des échantillons sur Terre

La Nasa et l’ESA, qui contribuera elle aussi à cette mission, ont commencé à donner des indications sur la façon dont les tubes, remplis de roches et de poussières, seront ramenés sur Terre. Deux vaisseaux pourraient être envoyés sur Mars en 2026.

Comment suivre la mission

Vous pouvez suivre en direct les informations de la Nasa sur leur chaîne Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=21X5lGlDOfg

Vous pourrez suivre aujourd’hui dès 19h45 en direct l’atterrissage de Persevrance sur Mars sur la chaîne du CNES : https://www.youtube.com/watch?v=cnwHm-pubdE

Vous pouvez également suivre la mission Mars 2020 en vous abonnant aux comptes de la Nasa sur les réseaux sociaux.

Jan 12

Trump vs Biden : Who’s the winner ?

Léonie Carrere, member of the school newspaper.

Thursday December 3, 2020.

Photo American presidential
Crédits Clay Banks – Unsplash – libre de droits

It was one of the most important events of 2020: the American presidential election. After 4 years with Donald Trump at the head of the country, American people voted on 3rd November 2020 for their 46th president. It was a real confrontation between the Democratic party, led by Joe Biden, and the Republican party, led by Donald Trump. This election was not only important in the United-States but also in the whole world. So, who is the next president of the first world power ?

To begin with, the American presidential election is a bit difficult to understand for us. Indeed, the French president is elected directly while the American president is elected indirectly. (It is one of the reasons why the result of the American election takes such a long time). So, American people didn’t vote directly for their president but for electors. First, both of the main parties (the Democrats and the Republicans) have to pick one candidate who will represent them during the election. Secondly, the presidential election took place the first Tuesday in November, which means Americans voters have to vote for people called ‘electors’ in their own state. Those electors support one of the candidates. If you vote for them, indirectly, you vote for one of the candidates.

However, not all states have the same number of electors. The more populated a state is , the more electors it gets. That is the case of California and Florida for example. At the end, there are 538 electors across the 51 states of the United-States. To win the election, a candidate needs 270 electors.

For this election, even if at first the results were close, Biden won the election with 306 electors against 232 for Trump. Trump refused to acknowledge his defeat. He said on Twitter that he was the winner and that the results were rigged, that’s why he took legal actions. Nevertheless, a lot of his requests were rejected by the justice.

On 14th December, electors voted for the president. The official results were supposed to be announced on 6th January 2021. Nethertheless, they couldn’t do it on 6th because of some rioters who took the Capitol by storm. It caused the death of five people, including a policeman. They, after all, announced that Joe Biden would be the next president of the United-States. After all of this, Donald Trump had to admit that he had lost the election. He did it through a video on Twitter. Joe Biden’s inauguration will be on 20th January 2021. He has already chosen his Vice-president who will be a woman, Kamala Haris.

However, even if Biden is the next American president, Donald Trump’s presidency has left the country divided, like never before.

Vocabulary :

Took place : [conjugaison – simple past] se tenir.

Indeed : en effet.

Electors : Grands Electeurs.

Acknowledge : admettre.

Rigged : truqués.

Legal action : action en justice.

Nethertheless / However : cependant.

Rioter : émeutier.

Took [ something ] by storm : [conjugaison – simple past] prendre d’assaut.

Inauguration : investiture.

Déc 18

Pour rendre à l’Afrique son patrimoine, il vole une œuvre indonésienne

Parce que le patrimoine tend à devenir une valeur moins en vogue que la géographie, certains incidents hasardeux ont l’avantage de nous ramener le sourire !

C’est le jeudi 22 octobre, dans le musée du Louvre, qu’un activiste congolais s’empare d’une statut en bois. Son trophée dans les bras, le jeune homme traverse le musée scandant avec ferveur qu’il vient rendre à l’Afrique, le patrimoine qui lui a été volé.

Sculptures Ile de Florès – Crédits Wikimedia

Il convient d’accorder à cet activiste que le patrimoine culturel africain est, depuis plusieurs années sujet à débat. 90% de ce derniers se trouverait hors du continent auquel il appartient ! C’est sur le plan géographique que le jeune homme en a surpris plus d’un : l’œuvre qu’il prétend rendre à sa « mère patrie l’Afrique » vient, en effet, tout droit d’Indonésie. Un pays africain venu tout droit d’Asie du Sud !

Le jeune homme n’ayant pas été considéré comme dangereux est resté en liberté jusqu’à son procès le 3 décembre. Espérons qu’entre temps, un cartographe l’a pris en pitié.