Un mécanisme d’antibiorésistance inédit (Justine et Félicie)

Récemment  des chercheurs ont découvert un nouveau mécanisme de résistance aux antibiotiques.

Les bactéries possèdent plusieurs mécanismes d’antibiorésistance, tels que les pompes à efflux ou les enzymes de modification ou de coupure.

Cette nouvelle résistance a lieu en présence d’antibiotiques qui ciblent les ribosomes et bloquent la synthèse protéique. Cela a été découvert suite à l’expérience des chercheurs de l’institut pasteur, en collaboration avec l’Inserm, l’Inra, le CNRS et l’Institut Weizmann des Sciences d’Israël. Cette résistance n’a été mise en avant que sur la bactérie Listeria monocytogenes (provoquant la listeriose) , généralement sensible aux antibiotiques.

La méthode d’analyse « term-seq », permettant de connaître la longueur et l’abondance des ARN messagers (ARNm) dans un échantillon donné, et donc le degré d’expression des gènes correspondants est utilisée. Ils ont testé l’effet de deux antibiotiques, la lincomycine et l’érythromycine, sur la bactérie Listeria monocytogenes, les antibiotiques utilisés dans notre étude, sont connus pour bloquer les ribosomes des bactéries. Les bactéries ont été mises en culture, avec et sans antibiotique. Suite à l’extraction des différents ARNm, les chercheurs remarquent qu’en l’absence d’antibiotique la transcription s’arrête prématurément, mais au contraire en présence d’antibiotiques leur transcription se déroule de manière complète, dévoilant ainsi l’expression de certains gènes.

En étudiant ce gène, ils se sont aperçus que la protéine qu’il code agit au niveau des ribosomes, les usines chargées de traduire l’ARNm en protéines, ils l’ont baptisé hflXr.

Son expression, régulée par un mécanisme d’atténuation (terminaison prématurée de la transcription de l’ARNm) et stimulée en présence d’antibiotique, permet de produire une protéine qui va séparer en deux les ribosomes.

Cette action ne les détruis pas mais va permettre aux deux sous-unités ribosomiques d’être recyclées et de reprendre leur travail de synthèse protéique. Ce mécanisme de résistance ne semblerait pas être à l’exclusivité de Listeria puisque le gène hflXr, et potentiellement le mécanisme associé, est présent chez un grand nombre de bactéries, tout particulièrement chez les firmicutes.

Mécanismes connus de résistance aux antibiotiques

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