Devenir administrateur du réseau pédagogique ?

Avec la prochaine rentrée, peut-être vous a-t-on proposé de prendre en charge le réseau pédagogique de vote établissement ? On vous parlera peut-être de référent numérique. Voici un petit retour d’expérience pour alimenter voter réflexion.

Le cadre réglementaire

Le BO indique les missions affectées au référent numérique ainsi que sa rémunération. Les plus observateurs noteront que, dans ce texte, le référent numérique est une « interface » entre les personnels de l’établissement et le personnel chargé de la mise en oeuvre et de la maintenance. Il n’est pas fait référence explicitement aux taches que vous serez amené à accomplir si vous administrez les postes de la pédagogie  :

  • la mise à jour et la communication des codes d’accès (login / mot de passe)
  • l’installation et la mise à jour des logiciels sur les postes de la pédagogie
  • le dépannage rapide des collègues (incidents techniques mineurs trouvant une solution rapide).
  • la configuration de certains matériels
  • la remise en route, la réparation, la réinstallation, la restauration d’une machine
  • la communication et la formation
  • autres…

Pour les taches qui ne correspondent pas à la gestion du réseau pédagogique, se référer au BO.

Le BO fixe aussi les rémunérations possibles sous la forme d’IMP (indemnité pour mission particulière).

 

La charge de travail

Soyons clair elle est énorme. Voici les choses qui occuperont le plus clair de votre temps :

  • le dépannage rapide des enseignants. Vous interviendrez souvent un simple problème de son (enceinte débranchée / mal branchée), un un câble réseau débranché ou défectueux, un câble d’imprimante… Cela peut sembler anodin mais ces taches occuperont un grand nombre de vos récréations. Ces petits incidents doivent être réglés dans l’urgence car ils peuvent gêner le déroulement d’un cours tel que l’avait planifié l’enseignant. Ce genre d’incident est relativement fréquent et demande souvent que vous abandonniez ce que vous êtes en train de faire pour intervenir immédiatement. Attendre une aide extérieure semble inadapté. Ne sous estimez pas le temps à investir dans ce type d’interventions.
  • l’installation et la mise à jour des logiciels sur les postes de la pédagogie. C’est une autre tache lourde malgré des outils qui vous aideront comme WPKG. Premièrement, cela demande un apprentissage conséquent pour connaitre l’environnement (serveur scribe, ESU, connaitre l’ensemble des postes de la pédagogie) mais aussi pour se former (apprentissage de WPKG  notamment). Des collègues pourront vous solliciter car ils veulent installer en 2 ou 3 jours un logiciel en salle informatique pour l’utiliser avec leurs classes. Dans ce cas il faudra savoir être réactif 😀 (ce qui les encouragera à se servir de l’outil). On vous sollicitera également pour mettre à jour et vérifier le matériel dans le cadre d’actions nationales comme les évaluations de 6ème. C’est une tache chronophage (surtout si vous installez poste à poste) et/ou qui peut demander une technicité (maîtrise de WPKG)
  • les codes d’accès. Mettre à jour, imprimer puis communiquer des codes d’accès prend environ 45 minutes pour une mise à jour. Compter au moins une demi-journée de travail à la rentrée. Il faut apprendre à utiliser l’interface de scribe (ESU). Il est utile de savoir utiliser un outil de bureautique pour fabriquer des documents présentables.
  • la configuration de certains matériels comme les vidéo-projecteurs et les imprimantes. Souvent ce sont des personnes extérieures qui en assurent l’installation et la configuration. Cependant, vous aurez parfois à y revenir dans le cas d’un poste qui a du être réinstallé, d’un dysfonctionnement ou d’un mauvais réglage. C’est notamment le cas avec les tableaux interactifs que vous serez amenés à régler avec vos collègues : choix de la résolution, réglage de la focale, de la fixation, étalonnage du stylet, changement de piles… des taches anodines mais qui demandent du temps et ne peuvent pas être automatisées… En ce qui concerne les imprimantes elles sont souvent mal installées ou pas du tout (simplement branchées et reliées au réseau). La configuration d’une imprimante est une tache assez pointue avec WPKG ou vous demandera de passer poste par poste ce qui est chronophage dans les 2 cas.
  • la restauration/réparation de machines. Pour vous donner une idée, sur un parc d’environ 80 machines c’est environ 7 à 8 postes qui ont du être totalement réinstallés cette année suite à des problèmes logiciels (un Windows qui ne fonctionne plus) ou matériel (un disque dur en panne). Pour certaines de ces interventions vous pouvez faire appel aux services techniques du rectorat notamment pour une panne matérielle. Nous avons également du réparer avec mon collègue de technologie pas mal d’ordinateurs portables (écrans, claviers, disques défectueux et autres). Ceci n’est effectivement pas prévu dans le BO mais participe à la bonne marche de l’établissement et fait faire des économies…
  • la communication et la formation avec les enseignants. Il convient de savoir être neutre et de s’adapter. Il faut penser à communiquer pour inciter les gens à utiliser les outils. On peut par exemple proposer des logiciels correspondant aux différentes matières, parler de ce qu’à fait un autre collègue. Il faut également penser à prévoir quelques heures de formation, notamment pour les aider à appréhender les salles informatiques (que vont-ils y trouver ? comment peuvent-ils modifier le mot de passe d’un élève qui l’aurait perdu ? comment se présente une session élève ? quels logiciels sont présents en salle informatique ? outils de surveillance et de prise en main comme iTALC ou veyon…)
  • autres la liste n’est pas terminée et j’en oublie…

Et la première année…

.. se rajoute la mise en place de wpkg et des groupes ESU : comment installer WPKG ? Vous pouvez également arriver dans un établissement ou vous devrez passer chaque poste sous scribe… (jonction au domaine, installation du client : il faudra passer poste par poste…)

Vous pouvez compter plusieurs jours de travail (a fractionner), d’autant plus que vous découvrez l’environnement.

 

Les compétences techniques

Pour accomplir cette mission vous aurez besoin de bonnes connaissances techniques. Vous devrez également vous former pour en acquérir d’autres :

  • connaissances générales en informatique
  • bonnes connaissances réseau pour savoir ou vous trouvez (DNS, ip, adresse MAC, noms WINS, paserrelle, routeur, domaine Windows, base du partage réseau, compréhension des droits d’accès)
  • excellente connaissance de Windows (base de registre, planificateur de tache, ligne de commande voir scripts…)
  • connaissances de bases de l’environnement linux (nommage des disques durs dans cette environnement)
  • appréhender ESU : c’est l’interface qui permet de paramétrer à distance les postes sous scribe
  • appréhender, utiliser et si possible maîtriser WPKG : c’est l’outil qui permet de déployer des logiciels sur les postes. Dans un premier temps vous vous contenterez de recopier les paquets existants mais il faudra assez vite devenir autonome en les modifiant puis en en créant à la demande. (compter une bonne année pour maîtriser WPKG – vous avez aussi votre enseignement à dispenser)

 

 

Petite synthèse

Cette grande liste peut vous rebuter, mais si vous êtes arrivé ici vous comprendrez qu’administrer le réseau pédagogique d’un établissement est chronophage et demande une bonne technicité.

La charge de travail est énorme mais pas de panique : vous mettrez cela en place progressivement.

De mon point de vue, avoir une personne compétente dans chaque établissement est un bon choix car cela permet de régler rapidement et efficacement les situations.

 

quelle IMP ?

Pour le référent numérique, le BO précise que :

  • « Le chef d’établissement apprécie les besoins du service en la matière compte tenu de l’organisation académique mise en place pour le déploiement de la politique en matière de numérique pédagogique et de la part prise par l’établissement dans le dispositif. »
  • Le « Taux annuel de 1 250 € à 3 750 € en fonction de la charge effective de travail et du niveau d’expertise requis. »

Quelques pistes pour vous positionner :

  • la charge de travail énumérée représente facilement 3 heures et plus par semaine (certaines semaines vous en ferez 10). Vous devrez éventuellement prendre en charge les taches énumérés pour une première année…
  • le BO parle de « L’organisation académique et [de] la part prise par l’établissement dans le dispositif », il convient de se renseigner pour savoir quelles taches vous incombent.

 

Bon courage à tous !

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